15 novembre 2018
Carte blanche
1/100e 
Par: Christian Vanasse

J’ai vu un tableau amusant dans une revue scientifique. Si on ramène les 4,5 milliards d’années de notre planète sur 24 heures, la vie y apparaît vers 5 h du matin, mais il faut attendre jusqu’en début de soirée pour voir les premiers mollusques se former en mer, et les dinosaures disparaissent à 23 h 40. Notre espèce, Homo Sapiens Sapiens, fait ses premiers pas dans la toute dernière minute avant minuit, et l’ère industrielle débute à 23 heures 59 minutes 59 secondes et 99 centièmes. Pile. Des premières cheminées crachant la fumée de charbon à la fonte accélérée des glaciers, un centième de seconde, c’est tout ce dont on a eu besoin pour sacrer tout à terre. Nous sommes une espèce fascinante capable de détruire en un instant ce qui a mis une éternité à nous construire. À peine sortis de la mer, on l’a remplie de déchets.

Évidemment, c’est si on croit la vaste majorité des scientifiques qui placent l’Humain face à ses responsabilités dans les changements climatiques. Mais il s’en trouvera toujours d’autres pour douter et nous dire de regarder ailleurs, vers le soleil par exemple. C’est pratique pour nous aveugler.

Et c’est surtout sous-estimer la formidable capacité de nuisance de l’Homme. Prenez nos bacs bruns. Le compost pourrait être une richesse collective, mais n’est pas rentable parce que des édentés du cerveau y jettent des matériaux de construction, des blocs de béton… et/ou des pneus! Résultat : bris d’équipement à l’usine et surcoûts pour le contribuable qui envoie son compost se faire traiter à 160 km d’ici.

Qui jette des pneus dans un bac brun décoré d’une image de pelure de banane, de cœur de pomme pis d’os de poulet? Certainement ceux qui doutent que l’Humain soit responsable du merdier actuel alors qu’ils en sont la preuve vivante.

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