22 février 2018
Démolitions au centre-ville
Accueil mitigé du milieu
Par: Rémi Léonard
Andrée Rochon, du comité Logemen’mêle, se demande jusqu’où ira la Ville dans ses plans pour créer du stationnement au centre-ville. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Andrée Rochon, du comité Logemen’mêle, se demande jusqu’où ira la Ville dans ses plans pour créer du stationnement au centre-ville. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’annonce de nouvelles démolitions d’immeubles au centre-ville est accueillie favorablement par ceux qui attendaient avec impatience plus d’espaces de stationnement, mais ne fait pas que des heureux pour autant.

Du stationnement supplémentaire était réclamé par les commerçants depuis plusieurs années, justifiaient la semaine dernière les représentants de la Ville. Rejoint par LE COURRIER, le président de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville, François Grisé, accueillait toutefois tièdement la nouvelle. Il a d’abord précisé qu’il voyait d’un bon œil toute forme d’action au centre-ville. « Ça bouge. C’est déjà bien », a-t-il évoqué, espérant ardemment la fin « d’une certaine inertie économique, mais aussi politique » qui plane sur le centre-ville. La valeur mobilière dans le secteur n’a pas bougé durant les vingt dernières années au centre-ville, contrairement à d’autres quartiers qui ont connu un fort développement, a-t-il donné en exemple.
Dans le dossier qui nous occupe, les espaces de stationnement annoncés sont bien sûr les bienvenus, mais ils devront être « optimisés », a-t-il soutenu, ramenant ainsi de l’avant le fameux projet de stationnement étagé.
De nombreux stationnements à un palier ne sont pas la meilleure façon de densifier le centre-ville, a-t-il souligné, alors qu’il s’agissait d’un objectif énoncé par la Ville elle-même. Rejoignant le message véhiculé par le conseiller Jeannot Caron, il juge que cette utilisation doit être temporaire, à savoir durant les travaux au Marché public, mais que ces espaces devraient éventuellement revenir à un autre usage que le stationnement.
Le président de la SDC salue par ailleurs la démarche de revitalisation du centre-ville souhaitée par le maire Corbeil. Avec les projets de réaménagement de la promenade Gérard-Côté et la réalisation du pôle culturel, la Ville est « sur la bonne voie », a-t-il commenté. Ne reste plus qu’à attendre leur concrétisation.
Du côté du Centre des arts Juliette-Lassonde, l’arrivée de nouveaux espaces de stationnement à proximité est perçue comme une grande amélioration pour la clientèle, a affirmé son directeur général, Jean-Sylvain Bourdelais. Le manque d’espace pour se stationner aux alentours est souligné depuis plusieurs années, et encore tout récemment, des spectateurs ont formulé des plaintes parce qu’ils n’arrivent pas à se garer facilement. La nouvelle ne peut donc qu’être positive pour le Centre des arts, même si M. Bourdelais reconnaît les inconvénients pour certains résidents.
Autres réactions au conseil
Le sujet s’est d’ailleurs invité à la dernière séance du conseil municipal, ce lundi, alors qu’un des locataires touchés, Jean-François Bérubé, s’est présenté devant les élus pendant la période de questions. Ses critiques n’étaient toutefois pas dirigées envers l’administration, mais visaient directement le conseiller du centre-ville, Jeannot Caron, qu’il a accusé d’avoir changé de posture depuis son élection. « On a l’impression que vous n’êtes plus du tout le même homme », lui a-t-il lancé, plaidant que le conseiller se disait contre les démolitions pendant sa campagne.
Posé, Jeannot Caron lui a répondu qu’il avait toujours à cœur le bien de son secteur. « Les informations que j’ai aujourd’hui font en sorte qu’on peut prendre des décisions différentes par rapport à notre centre-ville », a-t-il justifié.
Juste avant lui, Andrée Rochon, du comité Logemen’mêle, avait aussi un message pour les élus. Elle a d’abord salué l’effort de relocalisation déployé par la Ville jusqu’à maintenant dans ce nouveau dossier, mais se questionnait tout de même sur la poursuite des actions de démolitions par la municipalité. « Vous allez arrêter quand? », a-t-elle demandé. Le maire Corbeil a répondu qu’il n’y avait pas d’autre acquisition en vue pour l’instant, sans parvenir à la rassurer. « Ça reste toujours malheureux d’enlever du logement abordable au centre-ville pour faire du stationnement. C’est de l’illogisme », a-t-elle commenté après la séance.

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