C’est avec une joie évidente que le conseiller David Bousquet, qui avait ramené le projet de tunnel sur la table en 2010, a proposé la résolution, appuyé du principal opposant à l'idée, le conseiller Bernard Barré.
Cette nouvelle étude sur la faisabilité d'un tunnel à quatre voies a pour but de déterminer avec rigueur le coût de sa construction pour ensuite évaluer l'impact que ce projet pourrait avoir sur le compte de taxes des Maskoutains et sur le budget de la Ville. « Ensuite, le comité qui étudie le dossier s'engage à tenir des séances d'informations auprès des citoyens avant de mener un sondage scientifique sérieux ou un référendum pour connaître l'opinion de la population à ce sujet », a annoncé M. Bousquet.En 2007, une première étude commandée au CN au coût de 199 000 $ avait établi à 16,5 M$ la facture d'un tunnel à deux voies. Ce prix pouvait toutefois varier de plus ou moins 40 %, selon le document.La nouvelle étude, pour laquelle le CN exigeait d'abord 205 000 $, récupère finalement plusieurs pages du premier rapport, ce qui explique la réduction substantielle de la facture. Selon les informations obtenues par LE COURRIER, le CN fera entre autres une mise à jour de l'étude de conception ferroviaire déjà réalisée, sauvant ainsi 39 000 $, et reprendra intégralement l'étude géotechnique de 2007, économisant un autre 30 000 $. « Le CN en est venu à la même conclusion que nous, soit que bien des éléments n'ont pas changé depuis 2007. Plusieurs données peuvent être récupérées », applaudissait David Bousquet au lendemain du conseil. L'étude demeurera toutefois imprécise. L'incertitude autour du coût de réalisation du projet atteindra encore 30 %. « Le CN nous dit qu'il ne peut être plus précis. Il y a trop d'impondérables », a noté David Bousquet, qui souhaitait une estimation moins variable.Le CN mettra de trois à quatre mois pour confectionner ce nouveau rapport.
Question de subventions
Alors que le conseiller David Bousquet entend travailler auprès des instances gouvernementales pour réduire la part de la Ville à coup de subventions, le conseiller Bernard Barré, lui, estime que son collègue rêve en couleurs.
« Surprenez-moi, M. Bousquet! Amenez-en des subventions!, s'est-il exclamé pendant le conseil. Moi je vous annonce aujourd'hui que si on y va pour un tunnel, on y va tout seul. Je vois peu d'espoir en ce sens. La lumière au bout du tunnel, c'est celle du train qui s'apprête à nous passer dessus. » M. Barré, qui a voté comme tous ses acolytes en faveur de la nouvelle étude, a poursuivi son laïus en affirmant qu'il appuyait personnellement la construction d'un tunnel plutôt que celle d'un passage à niveau, puisqu'il emprunte lui-même le prolongement du boulevard Casavant tous les jours. « Mais je ne suis pas convaincu que tous les Maskoutains soient d'accord et c'est pour cette raison que je veux qu'un sondage sérieux soit réalisé auprès de la population, a-t-il ajouté. La décision a des conséquences trop importantes sur les citoyens pour que le conseil choisisse seul. »Au lendemain du conseil, David Bousquet était toujours médusé par les déclarations de son homologue de La Providence. « Ce que M. Barré nous dit, c'est qu'il est pour un tunnel, mais qu'il n'est pas prêt à travailler pour l'avoir. Quand j'ai été élu, en 2009, on m'a dit que la Vile n'aurait jamais de subventions pour la construction d'une piscine et d'un terrain de soccer synthétique. Finalement, on a eu les deux! », a-t-il fustigé.« Dans le pire des cas, les gouvernements refuseront. Mais pour espérer des résultats, il faut travailler en équipe vers un même but, pas annoncer à l'avance que personne ne voudra nous aider. »