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19 mai 2011
Maison Dessaulles

Le comité de sauvegarde craint la démolition

Aucune mesure d'urgence n'a été prise pour protéger la maison au lendemain de l'incendie du 14 novem
Aucune mesure d'urgence n'a été prise pour protéger la maison au lendemain de l'incendie du 14 novembre 2010.Photo Patrick Roger | Le Courrier ©-30-
Marie-pier Gagnon Nadeau
Marie-Pier Gagnon Nadeau
mpgagnon-nadeau@lecourrier.qc.ca
Expertise architecturale en main, le comité de sauvegarde de la Maison de Casimir-Dessaulles est allé à la rencontre des élus municipaux au cours des dernières semaines en vue de les convaincre d'investir dans la mise en place de mesures d'urgence et dans l'acquisition de la maison afin d'éviter qu'elle ne passe sous le pic des démolisseurs. Mais le comité s'est buté à un refus catégorique.

C'est la Ville de Saint-Hyacinthe qui a commandé cette étude et payé les 10 000 $ à la firme Beaupré et Michaud.

En un temps record, les architectes ont visité la maison, émis leurs constats et offert sept scénarios de conservation et de restauration extérieure de la maison. « On s'attendait à ce que la Ville fasse comme nous : qu'elle reçoive le rapport et qu'elle travaille à partir de ça pour sauver la maison », a dit Jean-Marie Pelletier, porte-parole du comité. Le rapport conclut, au même titre que les assureurs des propriétaires, que la restauration de la maison Dessaulles n'est pas rentable économiquement, mais il soutient que ses murs porteurs, sa structure, quelques éléments de menuiserie et quelques fenêtres sont récupérables. En comité plénier, le comité de sauvegarde s'est présenté aux élus afin de demander que la Ville avance 500 000 $ pour acquérir la maison et pour prendre le plus vite possible les mesures d'urgence visant à ralentir la détérioration des lieux, notamment le pompage de l'eau et l'installation d'un toit temporaire. Le comité souhaitait ainsi s'assurer que la maison demeure debout pour leur donner le temps de mettre sur pied un organisme à but non lucratif chargé d'amasser les sommes suffisantes dans le but de racheter la maison et de la restaurer. « Nous nous sommes présentés avec une proposition qui nous apparaissait honnête, mais les élus ont dit non, en nous reprochant de ne pas être prêts. Mais tout comme les élus, nous attendions le rapport avant de bouger. Par ailleurs, sans l'aval de la Ville, aucun palier de gouvernement ne pourra nous venir en aide. On craint la démolition, mais tant que la maison est debout, il y a de l'espoir. »Le scénario de restauration souhaité par le comité est évalué à 2 M$. Selon la description des travaux requis, la maison pourrait être restaurée conformément à l'image du début du 20e siècle et qui, pour ce qui est de l'apparence extérieure, avait été en bonne partie conservée jusqu'à l'incendie. « Cette restauration de l'enveloppe du bâtiment - maçonnerie, portes et fenêtres, toiture - viserait à être aussi fidèle que possible à l'image que nous possédons de cette époque, reconstituant au besoin certains éléments disparus, même avant l'incendie », propose le rapport.

En piteux état

Le comité de sauvegarde s'interroge aussi sur les raisons qui justifient qu'aucune mesure d'urgence n'aient été prises pour protéger la maison des intempéries pendant l'hiver.

« La Comission du patrimoine vous a fait parvenir, dix jours après l'incendie, une liste des mesures à pendre pour éviter que le bâtiment ne se détériore, mais vous n'avez rien fait. Même l'eau utilisée pour éteindre les flammes le 14 novembre n'a jamais été pompée. La maison n'a pas été recouverte d'un toit temporaire. Il a neigé et plu dans la maison Dessaulles depuis six mois », a rapporté M. Pelletier devant le conseil. Selon le rapport de Beaupré et Michaud, les coûts de ces mesures - évalués à 260 000 $ - atteignent à eux seuls la valeur de ce qui est récupérable. Toujours selon les architectes, la maison est d'un intérêt certain d'un point de vue architectural qui justifierait d'intéresser des organismes comme le ministère de la Culture et Patrimoine Canada, mais des démarches en ce sens ne pourront être entreprises qu'après que les travaux urgents aient été réalisés.« L'importance historique, sociale et culturelle des personnes qui ont vécu dans cette maison est la raison principale de sa sauvegarde, si l'on considère que ce lieu demeure le meilleur témoin de leur passage », conclut le rapport.

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