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Prise de bec et ultimatum
1 septembre 2011

Couvent de la Métairie
Prise de bec et ultimatum

Les Soeurs de la Charité exhortent la Ville à autoriser la démolition de leur couvent.
Le feuilleton sur l'avenir du couvent de la Métairie s'est poursuivi, lundi, devant les conseillers de la Ville de Saint-Hyacinthe, alors que l'entrepreneur Jonathan Robin est venu contester la décision du comité de démolition de refuser sa demande de permis. Après trois ans de tergiversations, le débat a repris à la base. Littéralement.

« Ça fait trois ans que ça dure et je ne connais pas encore le rôle du Groupe Robin dans ce dossier. Êtes-vous propriétaire? Êtes-vous négociateur pour les Soeurs de la Charité? Médiateur? Qui êtes-vous, M. Robin? », a lancé le conseiller de La Providence, Bernard Barré, qui défend bec et ongle le projet de transfert des organismes culturels dans le vieux couvent.

Dans un ultime laïus devant les membres du conseil, Jonathan Robin venait de rappeler l'historique d'un dossier « qui n'en finit plus de finir » depuis 2008. Le statut officiel de « futur propriétaire » du Groupe Robin est confirmé par une offre d'achat et une procuration, deux documents officiels qui ont été soumis à la Ville de Saint-Hyacinthe dans le cadre de la demande du fameux permis de démolition, a assuré M. Robin en entrevue au COURRIER après la rencontre. « Nous n'aurions pu faire une demande de permis de démolition autrement », a-t-il ajouté. Or le conseiller Barré n'en démord pas. Il n'a pas été satisfait par la lettre des Soeurs de la Charité déposée au conseil en guise de preuve de l'entente qui existe entre la communauté religieuse et l'entrepreneur. « On est dans la brume et le conseil doit faire preuve d'une extrême prudence. Si M. Robin est le futur propriétaire, qu'il nous montre une promesse d'achat pour qu'on sache à qui on a affaire », a clamé M. Barré, qui estime que le Groupe Robin a pris des risques en menant de front un projet sans tenir compte de l'avis de la population, qui aura le dernier mot dans l'éventualité d'un changement de zonage nécessaire à la réalisation du projet. « Le couvent est solide, il possède un caractère patrimonial confirmé par des experts et il est là pour rester », a laissé tombé M. Barré.Ce n'est pas la seule confusion qui régnait lundi autour de documents légaux. Une évaluation des dommages et intérêts encourus par le Groupe Robin depuis le début du litige a aussi soulevé l'ire du conseiller de La Providence. Le document estimerait à 2,6 M$ les pertes subies par l'entrepreneur. Or, ce que le conseiller a présenté comme une réclamation serait, selon M. Robin, un document de travail demandé par l'administration municipale afin d'établir un point de départ dans des négociations qui n'ont finalement jamais eu lieu. « Je n'ai rien réclamé! On m'a demandé de faire évaluer les dommages par un tiers et j'ai partagé cette information avec la direction générale. M. Barré était mal informé. »

Otage

L'évaluation des dommages pourrait toutefois servir rapidement puisque Jonathan Robin a annoncé au conseil son intention de recourir à des mesures légales pour se sortir de cet épineux dossier si sa demande de permis de démolition était rejetée à la prochaine séance publique.

Selon lui, la décision du comité de démolition n'est justifiée par aucun motif précisé dans le règlement. Elle ne viserait qu'à servir le projet du conseil municipal de déménager les organismes culturels au couvent, a-t-il martelé, « un projet qui n'est pas le mien et qui n'a rien à voir avec ma demande ».Malgré tout, l'entrepreneur maskoutain s'est dit confiant, au terme de la rencontre, de voir sa demande de révision acceptée par le conseil. « Si la Ville était encore intéressée par l'édifice, elle m'aurait contactée. Or, je n'ai eu aucun appel à ce sujet au cours des six derniers mois. »Il n'est pas le seul à vouloir voir ce dossier aboutir. Les Soeurs de la Charité, qui sont toujours propriétaires du couvent, ont demandé une nouvelle fois au conseil de permettre sa démolition. Soeur Monique Duhamel a rappelé la contribution de sa communauté religieuse au sein de la population maskoutaine depuis plus de 150 ans dans une lettre lue par M. Robin. En permettant aux soeurs de se départir d'une partie de leur parc immobilier, la Ville permettrait à la communauté de poursuivre sa mission, estime-t-elle. « Depuis maintenant trois ans que nous subissons un stress et cette décevante et frustrante situation est maintenant devenue insoutenable. Nous ne croyons pas mériter cette prise en otage », a-t-elle conclu dans sa missive de la dernière chance que nous reproduisons dans son intégralité à la page A11. Le conseil municipal rendra sa décision par résolution au cours de la séance publique qui se tiendra le mardi 6 septembre.

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