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Dagenais déçoit la députée Morin
6 mars 2014

Dossier du tunnel Casavant
Dagenais déçoit la députée Morin

L'entrée en scène du sénateur Jean-Guy Dagenais dans le dossier du tunnel Casavant déplaît profondément à la députée néo-démocrate de Saint-Hyacinthe-Bagot, Marie-Claude Morin.

Elle considère que ce n'est pas le rôle d'un sénateur de piloter une demande de subvention pour un projet d'infrastructure, comme l'a fait une première fois le sénateur Dagenais dans le coûteux projet de biométhanisation, en 2012.

« Un projet bien monté qui répond à tous les critères devrait être financé. Mais l'attitude de M. Dagenais démontre que les projets que les conservateurs appuient, ce sont ceux de leurs amis », déplore la députée Morin.Elle a toutefois évité de critiquer la Ville de Saint-Hyacinthe et son maire, Claude Corbeil, pour avoir fait appel au sénateur Dagenais dans le cadre du nouveau programme Chantiers Canada. « Oui, le maire Corbeil m'a contactée pour m'avertir qu'il avait demandé l'intervention de M. Dagenais. Je n'ai pas de problème avec ça, il fait ce qu'il croit être le meilleur pour sa ville. Ce que je déplore, c'est l'attitude de M. Dagenais. Ce n'est pas la seule Ville où il fait ça (représenter le fédéral dans un dossier), il le fait un peu partout en Montérégie. On connaît le personnage », a poursuivi Mme Morin.Elle considère que le gouvernement conservateur devrait démontrer un peu plus de respect envers les députés des autres formations politiques et les électeurs des circonscriptions qu'ils représentent. « On est 58 candidats du NPD à avoir été élus au Québec. Si le premier ministre Stephen Harper se met à bloquer des projets en n'accordant pas de subvention dans les comtés NPD, on a un gros problème. »Sa prédécesseure dans Saint-Hyacinthe-Bagot, Ève-Mary Thaï Thi Lac, députée du Bloc québécois de 2008 à 2011, trouve quant à elle inconcevable qu'un sénateur puisse se substituer au député pour représenter le gouvernement. « C'est la façon de faire des conservateurs depuis qu'ils sont au pouvoir. C'est arrivé pour des centaines d'annonces. On n'est pas systématiquement invités comme député. »Contrairement à Marie-Claude Morin, Mme Thaï Thi Lac ne s'est pas gênée pour blâmer la Ville de Saint-Hyacinthe sur sa façon de procéder dans le dossier du tunnel Casavant. « Je trouve ça dommage de la part de la Ville d'ignorer la personne qui a été dûment élue, de passer par-dessus sa tête pour traiter avec un sénateur. J'appelle ça faire de la petite politique », a-t-elle lancé lorsque jointe au cabinet du ministre du Tourisme, Pascal Bérubé, auprès de qui elle agit comme conseillère politique.Avant son élection en 1997, Mme Thaï Thi Lac était l'adjointe d'Yvan Loubier, député du Bloc dans Saint-Hyacinthe-Bagot de 1993 à 2007.Aujourd'hui conseiller principal et économiste chez NATIONAL, M. Loubier a siégé à Ottawa sous des gouvernements libéraux, lesquels n'avaient pas l'habitude de s'en remettre aux sénateurs pour les affaires courantes. « Moi, je représentais les gens de Saint-Hyacinthe. Une fois qu'un gouvernement est élu, ça devient le gouvernement de tout le monde, et quand vient le temps pour lui de se faire représenter, c'est sur le député que ça doit reposer », a commenté M. Loubier, qui se trouvait au Nunavut lorsqu'il a répondu aux questions du COURRIER.Il a été surpris d'apprendre que le gouvernement Harper avait déjà fait appel au sénateur Dagenais comme interlocuteur dans le dossier de la biométhanisation.

Dagenais à l'aise

Candidat défait du Parti conservateur dans la circonscription de Saint-Hyacinthe - Bagot aux élections de 2011, Jean-Guy Dagenais a été élevé au rang de sénateur par Stephen Harper en janvier 2012.

Aujourd'hui, il trouve tout à fait normal que la Ville de Saint-Hyacinthe fasse appel à lui lorsqu'elle recherche du financement pour de gros projets, question de mettre toutes les chances de son côté. Il assure que tout dossier progresse plus facilement à Ottawa lorsque c'est un proche du gouvernement qui s'en occupe. « Je ne sais pas si c'est devenu une coutume (les sénateurs porteurs de dossiers), mais je dis toujours aux gens : si vous avez besoin de moi, vous avez une voix à Ottawa. Ce n'est pas parce qu'on est des non-élus qu'on ne peut pas aider dans un dossier, et si vous décidez d'appeler votre sénateur, c'est votre choix », estime-t-il.Dans le cas du tunnel Casavant, un projet estimé à 28,7 millions $, M. Dagenais assure que les choses vont se passer exactement comme dans le dossier de la biométhanisation, un projet de 49 millions $ pour lequel Saint-Hyacinthe a obtenu 31,4 millions $ en subvention, soit 20 millions du gouvernement du Québec et 11,4 millions $ du fédéral. « Il faut qu'Émilien Pelletier (le député de Saint-Hyacinthe à l'Assemblée nationale) monte le dossier et qu'il l'envoie au ministre de l'Infrastructure, Denis Lebel. Moi, je suis un peu l'intermédiaire dans tout ça », a-t-il expliqué.Qu'il soit en train de piétiner les plates-bandes de la députée Marie-Claude Morin dans un dossier d'infrastructure ne semble pas l'inquiéter beaucoup. « Malgré tout le respect que j'ai pour Mme Morin, je ne l'ai pas entendu parler de ce dossier. De mémoire, je ne crois pas qu'elle ait écrit à ce sujet au ministre Lebel », a-t-il laissé tomber.

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