Une deuxième facture en perspective | Le Courrier
Actualités
Le doyen des journaux français d'Amérique
Saint-Hyacinthe
AccueilimageActualitésimageimage
Une deuxième facture en perspective
17 avril 2014

Les égouts de Laframboise
Une deuxième facture en perspective

Après s'être conformés en 2008 aux exigences de la Ville à l'égard des installations sanitaires, des résidants du boulevard Laframboise pourraient recevoir une autre facture en 2014, celle-là pour le prolongement du réseau d'égout devant leur porte.

« Nous ne voulons pas être mis à contribution une deuxième fois », a protesté Josée Tellier, une propriétaire venue plaider sa cause devant le conseil municipal à la séance du 7 avril.

Intervenant à la période des questions, Mme Tellier a rappelé aux élus qu'en juin 2006, les résidants du boulevard Laframboise, dans le district Saint-Thomas-d'Aquin, avaient reçu une lettre du maire d’alors, Claude Bernier, les avisant qu'ils devaient se conformer à la réglementation visant les résidences non desservies par le réseau d'égout.« La Ville mentionnait l'urgence d'agir en spécifiant que certains secteurs étaient à l'étude pour le prolongement éventuel des réseaux ou pour la mise en place d'installations communautaires. Nous ne faisions pas partie de ces secteurs », a-t-elle précisé.En 2008 donc, soit deux ans après la lettre de la Ville, Mme Tellier et son conjoint décidèrent de faire le nécessaire pour que leur système autonome de traitement des eaux usées soit réglementaire. L'opération leur a coûté 15 000 $ en tout, avec le réaménagement du terrain.Alors qu'ils croyaient la question réglée, la Ville leur écrivait à nouveau en 2010, cette fois pour leur annoncer qu'à la demande de citoyens, elle envisageait finalement de prolonger le réseau d'égout le long de Laframboise. Elle devait toutefois faire marche arrière en 2012, notamment parce que, comme l'a expliqué Mme Tellier, des propriétaires s'étaient déjà conformés à la réglementation en ce qui a trait aux installations sanitaires.Mais une autre pétition favorable au même projet devait circuler peu de temps après et, à la demande de 50 propriétaires sur 55, le projet a été relancé. « Ce que la Ville ne mentionne pas toutefois, c'est qu'un petit groupe avait fait pression sur les résidents concernés et véhiculé de fausses informations. Ceux et celles qui ont signé ledit document ne savaient aucunement ce qu'il en était et c'est les yeux fermés qu'ils ont signé un chèque en blanc », a soutenu Josée Tellier.En 2013, finalement, la Ville a informé les résidants qu'elle allait de l'avant avec le projet. Pour la famille Tellier, cela signifie une nouvelle facture de 23 400 $, ce qui porterait à plus de 38 000 $ la somme de leurs investissements dans l'aventure des égouts.Malgré les doléances de Mme Tellier, le conseil municipal a adopté le même soir un règlement décrétant des travaux de 2 220 000 $ sur le boulevard Laframboise, de Sansoucy jusqu'au numéro 8130, de même qu'un emprunt estimé à 1 515 000 $. Bien qu'il doit être largement financé par les riverains, le projet inclut toutefois le remplacement d'une conduite d'aqueduc aux frais de la municipalité. La procédure d'enregistrement du règlement décrétant les travaux s'est déroulée hier jusqu'à 19 h; on saura bientôt si le nombre requis de 16 signatures pour forcer la tenue d'un référendum aura été atteint.Si le projet est mis en chantier, plusieurs propriétaires du boulevard Laframboise - ils seraient 22 dans cette situation - seront donc pénalisés pour avoir obtempéré à l'ordre que leur a donné la Ville en 2006 de rendre leurs installations sanitaires conformes. « Il y a effectivement apparence d'iniquité dans ce dossier-là. Moi, j'ai posé la question : est-ce qu'on peut offrir une compensation à ces gens-là? Mais on m'a répondu que la Ville ne pouvait pas ouvrir cette porte », a confié au COURRIER le conseiller du district Saint-Thomas-d'Aquin, Jacques Denis.

image