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La terre glisse à Saint-Jude
17 avril 2014

Une maison évacuée
La terre glisse à Saint-Jude

Un glissement de terrain survenu dans le village de Saint-Jude le 9 avril, en soirée, s'est soldé par l'évacuation temporaire d'une habitation située au bout de la rue Saint-Roch.

Les quatre occupants ont toutefois pu réintégrer leur domicile dès le lendemain matin, une fois l'absence de danger constatée par les experts dépêchés. « Ce n'est rien de majeur. La Sécurité civile a été alertée parce que ça s'est produit pas très loin d'une maison », a expliqué le maire de Saint-Jude, Yves de Bellefeuille, au lendemain de l'affaissement.

Lorsque joint par LE COURRIER, il se trouvait sur les lieux en compagnie d'ingénieurs du gouvernement qui procédaient aux examens d'usage en pareilles circonstances. Le maire de Bellefeuille a évalué à environ 15 mètres par 15 mètres la superficie de terrain qui s'est détachée, à partir du talus, dans la pente d'un ruisseau tributaire de la rivière Salvail que les gens de Saint-Jude appellent la Coulée Chevalier. « C'est un décrochement comme il s'en produit souvent, et on en aura d'autres au cours du printemps, c'est sûr. C'est normal : on est tellement dans l'argile ici », a poursuivi M. de Bellefeuille. Il explique que le dégel, la fonte des neiges et les pluies favorisent les mouvements de sol, de sorte que les décrochements sont plus fréquents au printemps.L'instabilité du sol est à l'origine du pire drame qu'a connu Saint-Jude au cours de son histoire. Le 10 mai 2010, il y aura donc quatre ans très bientôt, un énorme glissement de terrain a tué les quatre membres d'une famille en emportant leur maison, de même qu'une section du chemin du rang Salvail Nord, de l'aqueduc et des lignes électriques et téléphoniques. La terre avait glissé vers la rivière Salvail sur une superficie de 4,2 hectares et avait complètement obstrué son lit.L'enquête menée par le ministère des Transports du Québec (MTQ) et son comité d'experts a démontré que l'érosion des berges, de même que « de très fortes pressions d'eau artésiennes dans le pied du talus, rarement mesurées ailleurs dans les basses terres du Saint-Laurent », avaient accentué les risques de glissement dans un sol composé principalement d'argiles marines de la mer de Champlain.Après la catastrophe du rang Salvail, une nouvelle cartographie des zones sensibles a été établie pour le territoire de Saint-Jude, et l'emplacement où s'est produit le glissement de la semaine dernière fait partie des secteurs à haut risque, a signalé le maire de Bellefeuille. Mais avec tous les travaux de consolidation des berges qui ont été réalisés depuis - il y en a eu jusqu'ici pour près de 10 millions $ -, ces secteurs sont en forte diminution. On verra donc beaucoup moins de taches rouges vis-à-vis Saint-Jude sur la prochaine carte régionale des zones propices aux glissements.Le talus de la Coulée Chevalier, au bout de la rue Saint-Roch, est d'ailleurs l'un des deux derniers emplacements où le MTQ avait prévu intervenir. « Pour cette coulée, on ira bientôt en appel d'offres et les travaux devraient commencer en juin », a indiqué M. de Bellefeuille. Il a ajouté que tous les travaux d'empierrement qui devaient être réalisés à Saint-Jude seront achevés au cours des prochains mois.

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