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La thèse du geste volontaire se confirme
5 juin 2014

Collision entre un train et un véhicule à Saint-Liboire
La thèse du geste volontaire se confirme

Au fur et à mesure que progresse l'enquête de la Sûreté du Québec, la thèse voulant que Thierry Patenaude-Turcotte, 42 ans, ait arrêté volontairement son véhicule sur le chemin de fer croisant la route 116 à Saint-Liboire afin de s'enlever la vie et causer du même coup la mort de son fils, Nicolas, d'à peine 1 an, est la plus probable pour expliquer le drame survenu tôt lundi matin.

Mercredi après-midi, la Sûreté du Québec ne confirmait toujours pas le geste volontaire, mais n'excluait pas non plus cette forte possibilité. « Au fil de notre enquête, on n'a pas été en mesure d'écarter qu'il pourrait s'agir d'un geste volontaire, donc nous avons fait appel au Service des enquêtes des crimes contre la personne qui poursuit l'enquête », a affirmé la porte-parole, Joyce Kemp.

Beaucoup d'encre a coulé depuis la tragédie, qui a non seulement secoué la population de Saint-Liboire, mais le Québec en entier. Les messages de sympathies arrivent par centaine sur une page Facebook de solidarité créée après l'accident, Soutient (sic) à la maman du petit Nicolas.Plusieurs médias ont avancé la thèse du drame familial. Certains rapportaient entre autres une relation houleuse sur fond de violence conjugale pour expliquer ces événements malheureux. Il a été mentionné que le père venait de perdre la garde de son fils, en plus de devoir quitter la résidence familiale au plus tard dimanche en soirée, soit la veille du drame. Ces informations n'ont pu être confirmées par Mme Kemp, qui rappelait que l'enquête était en cours et que ces éléments étaient pris en considération.La Presse a cependant contredit les informations voulant que le père de famille avait perdu la garde complète de l'enfant, évoquant qu'il venait tout juste de gagner quelques jours de garde, après avoir pris entente avec la mère.Thierry Patenaude-Turcotte était le propriétaire du studio d'arts martiaux Zendojo, situé sur l'avenue Saint-François au centre-ville de Saint-Hyacinthe.

Un geste délibéré

Selon toute vraisemblance, l'homme dans la quarantaine aurait dépassé quelques véhicules immobilisés sur la route 116 à la hauteur du passage à niveau. Les barrières de sécurité et les signaux sonores annonçaient déjà le passage imminent d'un train. Le Liboirien aurait pourtant contourné les barrières et aurait immobilisé son véhicule sur la voie ferrée, allant même jusqu'à en sortir.

Difficile d'évaluer la vitesse du train au moment de l'impact, mais Via Rail avance que ses trains peuvent aller jusqu'à 160 km/h. La collision a été d'une telle violence que le véhicule a été littéralement sectionné en deux. À leur arrivée sur place, les services d'urgence ont constaté le décès du père et ont tenté en vain de réanimer le poupon. Son décès a été constaté à l'hôpital Honoré-Mercier.Dans l'accident, aucun passager du train n'a été blessé. Le convoi a été immobilisé durant plus de trois heures avant de pouvoir reprendre sa route. Via Rail a rapidement confirmé que tout le système de sécurité était fonctionnel lorsque le train qui se rendait de Montréal vers Québec a percuté l'automobile.La route 116 (rang Charlotte) a été fermée à la circulation jusqu'à 15 h 15 lundi.

Des images qui marquent

Le maire de Saint-Liboire, Denis Chabot, est intervenu à titre de premier répondant sur les lieux de la tragédie. Il fut l'un des premiers secouristes à se présenter sur place. « Quand j'ai reçu l'appel, j'ai tout de suite su que c'était grave. »

Le fait qu'un jeune enfant ait été impliqué dans cette collision l'a particulièrement marqué. « Quand c'est un adulte, c'est moins difficile d'intervenir, mais quand un enfant est concerné, ça vient davantage chercher les émotions. [Ce sont des images] qui vont rester tout le temps, a-t-il confié au COURRIER. Mais lorsqu'on est premier répondant, on n'a pas le choix de surmonter ça. »M. Chabot soutient que les accidents aux passages à niveau de Saint-Liboire, le premier situé sur le rang Saint-Édouard et le second sur le rang Charlotte, se font très rares. Le plus frais à sa mémoire remonte à 2004.

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