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La fin d’un autre grand rôle pour Andrée Champagne
19 juin 2014

La fin d’un autre grand rôle pour Andrée Champagne

Dans l’un des magnifiques salons du président du Sénat, la bise, les accolades et les poignées de main se multiplient pour la sénatrice Andrée Champagne. L’heure est aux adieux, car d’ici quelques jours, elle aura tiré sa révérence au Parlement du Canada. Entre-temps, la grande Donalda fait le point sur sa longue carrière politique.

« Le 17 juillet, tout sera terminé, indique en entrevue au COURRIER celle qui atteindra à cette date l’âge maximal pour siéger au Sénat. Je pense que physiquement, je suis moins bien que je l’ai déjà été et c’est quand même 50 heures de travail par semaine, en plus de faire la route entre Saint-Hyacinthe et Ottawa. »

Pour y avoir siégé neuf ans, Andrée Champagne ne croit pas qu’une réforme et encore moins l’abolition du Sénat soient nécessaires. « Si ce n’est pas cassé, pourquoi le réparer? », demande celle qui a été nommée par l’ex-premier ministre Paul Martin en 2005.Bien consciente que son institution a été durement ébranlée par le scandale des dépenses visant trois sénateurs à l’automne, Mme Champagne juge tout de même qu’une Chambre haute élue n’est pas la solution. « Cela nous mènerait au même niveau que celui des députés fédéraux et nous n’aurions pas le temps de faire ce que nous faisons de mieux, car il faudrait retourner dans nos circonscriptions. »Elle ajoute que seules trois personnes sur 105 ont été fautives, « une raison suffisante pour mettre la clé dans la porte? », demande-t-elle.« Les journaux ne parlent que très rarement de nos rapports. Non, le Sénat est couvert seulement lorsque quelqu’un se met les pieds dans plats », laisse tomber la politicienne.  Des élections avec mandat fixe non renouvelable de huit ou neuf ans, ce qui n’obligerait pas les sénateurs à faire campagne, pourraient toutefois être une piste à considérer selon Andrée Champagne.

Des appels qui ne viennent pas

La sénatrice maskoutaine raconte avoir rit lorsqu’elle a appris, par les pages du COURRIER, que sa ville avait fait appel au sénateur Jean-Guy Dagenais afin d’obtenir une subvention dans le dossier du tunnel Casavant.

Sans s’en offusquer, Mme Champagne avoue que « les appels ne sont jamais venus vers elle » durant ses années à Ottawa et qu’à l’inverse, elle n’a pas non plus soulevé le combiné dans ce genre de situations.  « Les gens savaient où j’étais, s’ils avaient besoin de moi. Ils n’oubliaient pas de m’appeler lorsque j’étais députée par contre! », s’exclame-t-elle en riant. Elle a servi Saint-Hyacinthe sous la bannière conservatrice en 1984 et en 1988, avant de mordre la poussière en 1993.Les Maskoutains conservent malgré tout un important legs de la sénatrice, le Centre des arts Juliette-Lassonde. « J’ai travaillé très fort entre les deux [mandats de députée et sénatrice] pour que l’on ait une salle de spectacles. J’étais au comité de la culture avec Francine Girard. En tant que femme qui vivait avec une petite retraite à cette époque, j’ai fait un don important pour qu’on puisse avoir la salle. »

Nouvelle vie

Andrée Champagne entreprendra sa nouvelle vie de retraitée le 18 juillet, au terme d’une carrière politique de sénatrice qui s’est déroulée sans heurts.

Seule une altercation avec l’ex-députée bloquiste de Saint-Hyacinthe, Ève-Mary Thaï Thi Lac, a déjà plongé la sénatrice dans la controverse. Thaï Thi Lac l’accusait d’avoir tenu des propos racistes à son égard, après un virulent échange de lettre entre les deux femmes sur l’utilité et les décisions du Sénat.« Je ne regrette rien, mais à vrai dire, je ne me souviens même plus de ce que les lettres contenaient ni de ce qu’elle avait dit pour m’irriter », affirme Mme Champagne, pour qui cette histoire est chose du passé. Préférant se concentrer sur les jours à venir, l’interprète de Donalda quittera officiellement le Sénat vendredi, puis sera de retour à Ottawa au début juillet pour la 40 e Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), organisme dont elle assure la présidence.  Pour la suite, les plans ne sont pas encore faits. « Il n’est pas dit que je ne retournerai pas aux études, en littérature ou en écriture par exemple. Tout va dépendre de la santé de mon mari », conclut-elle.

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