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La perte d’un grand bâtisseur
1 janvier 2015

Décès de Germain Larivière 
La perte d’un grand bâtisseur

Saint-Hyacinthe perd l’un de ses plus illustres bâtisseurs dans le secteur du commerce de détail. L’entreprise familiale a célébré en novembre son 57e  anniversaire.
Germain Larivière et ses proches lors de l’inauguration du magasin de Brossard en 2012. Photothèque | Le Courrier ©
Le milieu du commerce de détail maskoutain et québécois a perdu l’un de ses plus illustres bâtisseurs. Germain Larivière, fondateur des magasins de meubles qui portent son nom, est décédé lundi matin.

Le p’tit Cousin Germain, pour reprendre le populaire slogan qui a fait la renommée du commerce, était âgé de 88 ans.

M. Larivière est décédé à l’Hôpital Honoré-Mercier, quelques heures à peine après son admission, des complications reliées à un accident vasculaire cérébral. Il laisse entre autres dans le deuil son épouse Gertrude, avec qui il aurait bientôt célébré 70 ans de mariage, ainsi que ses enfants Michelle, Jean, Brigitte, Anik et David.

« C’est une perte énorme, a commenté son fils Jean. Pas plus tard qu’à Noël toute la famille était réunie pour fêter et ce fut très agréable. Mon père était en belle forme et rien ne laissait présager un départ aussi subit. Mais il n’a pas souffert et c’est ce qu’il souhaitait. Ma mère est forte dans cette épreuve. Elle l’a accompagné et soutenu tout au long de sa vie. Elle lui a donné ce qui a toujours été de plus précieux à ses yeux, soit six beaux enfants, ma soeur Louise étant décédée en 1995. »

Malgré son âge respectable, Germain Larivière était encore très alerte et il ne manquait pas une occasion de visiter le magasin de meubles de Sainte-Rosalie.

« Il venait faire son tour chaque semaine ou presque, poursuit Jean Larivière. La nouvelle de son décès a d’ailleurs causé tout un choc à l’équipe ce matin. »

Des débuts modestes

C’est à Sainte-Rosalie que tout a commencé pour Germain Larivière en novembre 1957, à l’âge de 31 ans. Il avait alors tourné le dos à son emploi au magasin Raoul Gaudet, rue des Cascades, pour se lancer en affaires dans une ancienne boutique de bois de Sainte-Rosalie. Et on connaît la suite.

L’entreprise Meubles Germain Larivière n’a cessé de prospérer depuis, allant jusqu’à ouvrir de nouvelles succursales à Laval et à Brossard.

Même s’il avait délaissé la gestion au profit de son fils Jean depuis 1982, le fondateur a toujours continué de veiller au grain sur la bonne marche des affaires. « De mon père, j’aimerais que les gens gardent le souvenir d’un homme honnête, d’un travailleur acharné qui a toujours bien traité son monde et qui a su redonner à sa communauté en partageant ses succès. C’est l’histoire d’une belle réussite », dira Jean Larivière.

Le secret de son succès

Invité à expliquer le succès de sa réussite, Germain Larivière avait autrefois avoué à l’ancien rédacteur en chef du COURRIER, le regretté Jean Vigneault, que le secret était de savoir bien s’entourer et de savoir écouter.

« Aujourd’hui, mes fils assurent la relève de brillante façon et j’ai toujours compté sur des employés dévoués, compétents et travaillants. Le commerce ne m’a jamais empêché de dormir, car j’ai toujours eu des gens compétents avec moi, racontait M. Larivière au printemps 2001. Et le succès, c’est d’écouter les gens, les manufacturiers comme les clients. Le vendeur qui n’écoute pas ce que dit son client, qui cherche toujours à vendre à tout prix, ne sera pas un actif pour une entreprise. »

En novembre 1996, l’ensemble de l’oeuvre de Germain Larivière avait été souligné de belle façon par la remise du Trophée Hermès décerné par le Conseil national du meuble. Le magasin de Sainte-Rosalie avait alors la 10e plus importante superficie de vente dans ce domaine en Amérique du Nord.

Le bénévolat selon Germain

Outre son esprit entrepreneurial hors pair, on retiendra de M. Larivière son implication communautaire et bénévole dans le milieu maskoutain.

Selon les années, il a entre autres donné de son temps et soutenu le centre de bénévolat, le pavillon Bois-Joli, la Maison Victor-Gadbois et la Fondation Aline-Letendre de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe.

En entrevue au COURRIER, celui qui avait été désigné Personnalité de mai-juin 2001 par la Chambre de commerce locale et Le Courrier de Saint-Hyacinthe, avait d’ailleurs livré un vibrant plaidoyer en faveur du bénévolat, dans l’espoir de stimuler la relève.

« C’est extraordinaire le bénévolat : donner un beau sourire, accompagner des malades, voilà des gestes simples qui font tellement de bien, qui apportent beaucoup de réconfort. Si les gens pensaient à ce qu’ils sont, s’ils réalisaient qu’ils sont en santé au lieu de passer leur temps à se plaindre de ce qu’ils n’ont pas, ils iraient au-devant des organisations qui ont besoin de monde. »

Les funérailles de Germain Larivière seront célébrées lundi, à 14 h, à l’église Assomption-de-Notre-Dame, avenue Wilson.

De mon père, j’aimerais que les gens gardent le souvenir d’un homme honnête, d’un travailleur acharné qui a toujours bien traité son monde et qui a su redonner à sa communauté en partageant ses succès.

- Jean Larivière

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