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Tout lâcher et retourner à l'école
3 avril 2014

Semaine québécoise des adultes en formation
Tout lâcher et retourner à l'école

Félix Gratton, Lucienne Robillard et Nancy Therrien sont tous les trois retournés aux études afin d'entreprendre une nouvelle carrière.
Entreprendre de nouvelles études après une longue absence sur les bancs d'école ou trouver le domaine qui nous convient demandent parfois une bonne dose de persévérance. Portrait de trois étudiants qui ont eu l'audace de réorienter leur carrière pour le mieux.

C'est dans le cadre de la semaine québécoise des adultes en formation (SQAF) que Félix Gratton, Lucienne Robillard et Nancy Therrien ont accepté de partager leurs expériences sur le retour à l'école.

À 19 ans, Félix entreprend son deuxième diplôme d'études professionnelles (DEP) à l'école professionnelle de Saint-Hyacinthe (EPSH). Il a abandonné le premier, en mécanique agricole, pour se concentrer sur un DEP en vente-conseil.« Le plus difficile aura été de dire à ma famille que je voulais lâcher l'autre DEP. Aujourd'hui, je me rends compte que lorsque tu as un but, il ne faut pas hésiter à changer », reconnaît le jeune homme. Marchandiseur pour la compagnie Pepsi, il dit déjà entrevoir les opportunités de carrière en représentation auprès de son employeur. « Beaucoup de gens me disaient : ce n'est pas payant ou c'est mal vu de faire un DEP. J'ai tassé toutes ces mauvaises influences de ma vie et je me suis entouré de gens qui avaient le même but que moi. Maintenant, je suis motivé et j'ai vraiment l'intention de terminer mes études. »Après le DEP, Félix s'inscrira à l'attestation de spécialisation professionnelle en représentation à l'EPSH.

Mères et étudiantes

Pour Lucienne et Nancy, le défi était d'autant plus grand puisqu'elles avaient toutes les deux des enfants et une carrière déjà bien établie.

Lucienne Robillard, qui possédait une garderie à la maison, a décidé de se réorienter en secrétariat, car elle n'en pouvait plus des horaires difficiles imposés par son métier. « Quand je me suis inscrite au DEP en secrétariat, je ne savais même pas ouvrir un ordinateur. Disons que j'ai dû travailler fort! », s'exclame la dame de 51 ans, en riant. Ses efforts ont porté leurs fruits puisqu'elle a décroché un poste de secrétaire au Centre de formation des Maskoutains (CFM), à Saint-Hyacinthe. Dans le cas de Nancy Therrien, 44 ans, son retour aux études a été motivé par l'appel de ses amours d'antan : les soins dans le domaine de la santé. Elle avait presque terminé ses études collégiales il y a une vingtaine d'années lorsque la naissance d'un enfant autiste est venue bouleverser les plans de Nancy. Plutôt que de poursuivre en tant qu'infirmière auxiliaire, elle a choisi de se bâtir une carrière de technicienne en bureautique. « À la longue, ma relation avec l'ordinateur m'a épuisée. Je me suis fait le cadeau de m'offrir une nouvelle carrière. Ce n'est pas toujours évident, mais il faut se fixer un objectif, s'y accrocher et surmonter ses peurs », assure-t-elle. Pour les deux femmes, la question financière et la pression des proches furent des épreuves parfois difficiles à surmonter. « Il y a des gens de ma famille qui me disaient : est-ce que tu crois vraiment que cinq ans sans paye ça vaut la peine? J'ai plutôt choisi de me faire une bulle et d'ignorer leurs mauvais commentaires », avance l'étudiante en soins infirmiers qui souhaite devenir infirmière clinicienne. « J'étais autonome financièrement et je me suis retrouvée sans revenu. J'ai fait taire les mauvaises langues en décidant de suivre ma formation quand même. J'ai maintenant un emploi dans mon domaine et je suis fière de moi, mes enfants aussi », renchérit Lucienne.La SQAF, dont la 12 e édition se déroule jusqu'au 6 avril, encourage les adultes à s'informer et à utiliser les ressources qui les entourent durant leur cheminement scolaire.

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