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École La Marge : pour ne plus l'être
24 avril 2014

École La Marge : pour ne plus l'être

Pour Kenny Grenier, un Maskoutain atteint de dysphasie et de dyslexie, le passage sur les bancs d'école n'a pas été évident et sans diplôme, ses recherches d'emploi se sont souvent avérées vaines. Depuis novembre, il a repris goût à l'apprentissage scolaire grâce à La Marge-école de la rue, un programme dédié aux jeunes pour qui l'enseignement traditionnel n'est pas une option.

La Marge, offerte aux 16-24 ans dans les locaux d'Espace carrière, au centre-ville de Saint-Hyacinthe, est un lieu d'apprentissage qui vise la réintégration du milieu scolaire par les jeunes l'ayant abandonné.

« Le but, ce n'est pas de vider les écoles traditionnelles. La Marge est faite pour les jeunes qui ne peuvent pas aller en institutions. La plupart du temps, ils ont déjà cessé de les fréquenter lorsqu'ils arrivent ici », explique Chantal Morasse, directrice générale adjointe d'Espace carrière. Après un passage à La Marge, ouverte depuis novembre, le retour aux études se fait généralement par le biais du Centre de formation des Maskoutains (CFM) ou encore par l'école professionnelle de Saint-Hyacinthe (EPSH). Dans le cas de Kenny, les deux options sont intéressantes. « J'envisage une carrière en informatique, que ce soit en obtenant mon diplôme d'études secondaires pour ensuite aller au cégep ou encore en m'inscrivant au DEP (diplôme d'études professionnelles). » Pour la première fois de sa vie, il a l'intention de terminer ses études. « J'ai toujours eu tendance à me démotiver très rapidement. Pas cette fois-ci », lâche-t-il confiant. Son parcours n'a pas été des plus faciles. Après avoir entrepris des études secondaires à la Polyvalente-Hyacinthe-Delorme, il a été placé dans une classe spécialisée dont la formation n'était pas reconnue. Plus tard, il s'est dirigé vers le CFM, pour ensuite abandonner ses études à nouveau par manque de motivation. C'est exactement le genre de profil que recherchent les responsables de La Marge, puisque l'enseignement proposé, en français et en mathématiques, est adapté aux niveaux présecondaires, 1 ère et 2 e secondaire. « C'est un projet de transition. Avec les jeunes, on part d'où ils sont, puis on essaie de les intégrer socialement. On espère ensuite qu'ils repassent par une structure scolaire plus traditionnelle », explique Sébastien Rancourt, l'enseignant de La Marge. À l'école de la rue, il n'y a pas de cloches. Au contraire, M. Rancourt, accompagné de la conseillère en développement Magalie Sauvé, enseigne selon une formule des plus souples afin de s'adapter à l'horaire de sa vingtaine d'apprenants. Cela lui permet notamment « de profiter des moments où les jeunes sont au meilleur de leur capacité de rétention. Si je vois qu'ils saisissent bien les concepts, je n'ai pas à m'interrompre parce que c'est la fin du cours ». « C'est très flexible et Sébastien trouve des stratégies appropriées à chacun des élèves », renchérit Kenny, qui se dit très fier de ses camarades. En plus d'être ouverte 20 heures par semaine, La Marge offre des déjeuners, des repas de dépannage et même des ateliers culinaires. L'inscription à La Marge coûte 20 $ et permet à l'élève d'obtenir une trousse comprenant papier, crayons, cahiers et autres fournitures essentielles de l'étudiant.

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