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Le PDG de Délimax abasourdi
29 janvier 2015

Industrie du veau de lait
Le PDG de Délimax abasourdi

Le président de Délimax, Fabien Fontaine. Photo François Larivière | Le Courrier ©
Le président-directeur général de Délimax, Fabien Fontaine, a été pris de court par les mesures musclées appliquées depuis janvier par la Financière agricole du Québec qui concernent l’application du Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) pour l’industrie du veau de lait. Son entreprise est l’un des principaux intégrateurs de ce secteur au Canada.

La direction de l’organisme gouvernemental a réagi sans délai en constatant qu’il était impossible d’établir un coût de production représentatif de la réalité du marché du veau de lait (voir texte en B2).

Ces ajustements au programme ASRA actuellement en vigueur touchent les liens financiers entre les producteurs et l’intégrateur, le prix du veau, l’abattage des bêtes et le montant de la prime d’assurance.

« Je ne m’attendais pas à ce que la Financière agricole prenne aussi rapidement de telles mesures. L’impact de ces décisions sera une concentration encore plus importante des élevages de veau de lait. Je pense qu’il y aura des discussions entre nous et la Financière en 2015 », prévient avec fermeté Fabien Fontaine, en entrevue au COURRIER.

Le grand patron de Délimax fut informé de ces ajustements lors d’une rencontre tenue le 19 décembre avec la Financière agricole. En plus de ces changements à effet immédiat, l’accès à l’assurance stabilisation se retrouvera bientôt au coeur des débats.

Un comité de travail où devraient siéger la Fédération des producteurs de bovins du Québec, la Financière agricole et le ministère de l’Agriculture devra ces prochaines semaines démontrer que l’industrie du veau de lait peut encore être admissible au Programme ASRA.

« Si nous ne percevons plus l’ASRA, nous devrons prendre un risque d’affaires. Cette décision peut nous fragiliser pour la mise aux normes de nos bâtiments concernant le bien-être animal. Nous pourrions être aussi moins compétitifs à l’exportation de nos produits » indique M. Fontaine.

Celui-ci considère que les sommes cumulées au fil des années par l’entremise des cotisations ASRA constituent selon son expression, une « patate chaude » pour la Financière agricole.

« Le fonds ASRA représente un solde positif de 22 M$ de dollars qui nous appartiennent. Où ira cet argent si la Financière décide de nous fermer ce régime d’assurance? », se questionne M. Fontaine.

Délimax fonctionne selon un modèle d’intégration verticale qui permet un contrôle total de l’ensemble de la chaîne de production. « De la ferme à l’assiette », annonce une publicité de l’entreprise.

« Nous commercialisons nos produits dans 15 pays. Pour demeurer compétitive sur la scène internationale, notre industrie n’a pas d’autres choix que de se concentrer », estime Fabien Fontaine.

Son entreprise fait affaire avec 120 fermes et produit 90 000 veaux de lait par année. Délimax commercialise également du veau de grain et de l’agneau.

Écolait

L’unique concurrent de Délimax au Canada est l’entreprise Écolait qui appartient à l’Ontarien Grober Nutrition, mais dont le siège social est situé à Saint-Hyacinthe.

Opérant selon un modèle d’affaires similaire à celui de Délimax, la production d’Écolait représente 70 % de veau de lait et 30 % de veau de grain.

En 2014, Écolait a mis en marché environ 75 000 veaux de lait et a réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 300 M$.

Dernièrement, l’entreprise a aussi fait l’acquisition de la marque Le Veau Charlevoix qui était au bord de la faillite.

En 2013, Grober Nutrition a restructuré la direction d’Écolait. Son président Jean-Claude Barbet a cédé sa place en novembre 2013 à Mario Maillet, qui a occupé pendant plus de neuf ans la présidence des Aliments Breton, un intégrateur spécialisé dans les productions porcine et avicole.

Interrogée par LE COURRIER sur une possible suspension du programme ASRA, la direction d’Écolait a préféré réserver ses commentaires.

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