« En 22 ans de métier chez Casavant, je ne me souviens pas d'une période aussi difficile », a mentionné le travailleur et président du Comité de retraite, Jacques Richard, faisant référence aux nombreuses mises à pied qui ont accablé l'entreprise depuis les derniers mois.
Le président et directeur général de Casavant, Daniel Lupien, demeure cependant confiant quant à l'avenir de l'entreprise. Selon M. Lupien, la récession économique a eu un impact négatif sur le carnet de commandes. Mais les choses se replacent progressivement et l'entreprise est très active en Asie pour développer des projets.Actuellement, la soixantaine de syndiqués planche sur deux projets majeurs, soit la construction d'un orgue pour la nouvelle salle de spectacle de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et un deuxième orgue qui sera livré à Washington. Casavant Frères est la propriété de l'homme d'affaires Bertin F. Nadeau, bien connu dans le monde du Québec inc. Professeur à l'école des hautes études commerciales (HEC), il a été président et chef de la direction de Provigo de 1989 à 1993. Depuis 1994, il est président de de la société de gestion GescoLynx. LE COURRIER a tenté de joindre M. Nadeau pour s'enquérir de la situation de Casavant Frères, mais ce dernier n'a pas retourné nos appels. Une autre entreprise détenue par Bertin F. Nadeau, Breuvages Kiri, à Saint-Félix-de-Valois dans la région de Lanaudière, s'est récemment placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies à la suite de difficultés financières. Une situation préoccupante, estime Jacques Richard, qui pense cependant qu'il n'y a pas matière à s'affoler. « Nous suivons la situation de près. Mais le marché de l'embouteillage de liqueurs n'est pas le même que celui des orgues. Il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions. »Par ailleurs, c'est toujours l'impasse entre l'entreprise maskoutaine et son syndicat au sujet d'un vieux litige relativement au régime des rentes. Des modifications apportées au régime de retraite ont eu pour effet de créer un manque d'actifs dans la caisse, manque à gagner que le syndicat voudrait voir rembourser par l'entreprise. La Régie des rentes devrait rendre sa décision prochainement.