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Olymel conteste à Saint-Simon
6 février 2014

Compte de taxes
Olymel conteste à Saint-Simon

La société Olymel conteste devant le tribunal l’évaluation municipale des propriétés qu'elle détient à Saint-Simon, ravivant du même coup le douloureux souvenir d’une fermeture d’usine qui a entraîné la perte d’environ 400 emplois en avril 2007.

Selon Olymel, ses immeubles de Saint-Simon, c’est-à-dire l’ancienne usine de découpe de porc sise au 171-173 rue Saint-Édouard (route 224) et le garage pour camions du 170, Saint-Édouard sont loin de valoir les montants de 5 342 500 $ et de 882 300 $ qui apparaissent au rôle triennal d’évaluation 2013-2014-2015 de la municipalité.

Ce rôle a été confectionné par les estimateurs de la firme Leroux, Beaudry, Picard et associés pour le compte de la MRC des Maskoutains, laquelle s'occupe de l’évaluation foncière pour toutes les municipalités qui composent son territoire, sauf Saint-Hyacinthe.Après le dépôt, à l’automne 2012, du nouveau rôle d’évaluation de Saint-Simon, Olymel a demandé une révision de l’évaluation de ses immeubles, et cela bien que la valeur de l’ensemble avait diminué par rapport au rôle triennal précédent. Le rôle 2010-2011-2012 accordait une valeur de 6 651 200 $ à l’usine et de 803 100 $ au garage, ce qui donnait une facture de 55 944 $ en taxes foncières.Au terme de l'examen de la requête, l’évaluateur de la MRC a informé la plaignante que les estimations lui apparaissaient justes et qu’il n’y avait pas lieu de revoir à la baisse l’évaluation de ses propriétés. Mais Olymel a décidé d’en appeler de cette décision et croisera donc le fer avec la MRC devant le Tribunal administratif du Québec. À sa réunion de janvier, le conseil des maires a décidé de retenir les services de Me Bernadette Doyon, du cabinet d'avocats Monty, Coulombe, pour représenter la MRC dans ce dossier. Les honoraires de Me Doyon seront toutefois acquittés par la municipalité de Saint-Simon.Olymel estime que la valeur au rôle de ses propriétés de Saint-Simon ne devrait pas excéder 3,11 millions $, c'est-à-dire 2 670 000 $ pour l'usine et 440 000 $ pour le garage. Au taux de taxation de 75,05 cents par tranche de 100 $ d'évaluation, le taux en vigueur depuis 2011, le compte de taxes foncières d'Olymel passerait de 46 717 $ à 23 340 $. Dans sa requête, Olymel fait notamment valoir que certains bâtiments souffrent de détérioration physique et de « désuétude fonctionnelle importante » et que « le terrain est surévalué eut égard à sa superficie, sa configuration, ses problématiques particulières et aux conditions du marché ».Selon le maire de Saint-Simon, Normand Corbeil, les arguments d'Olymel quant à l'état des lieux sont non fondés. « Avec tous les gros permis de construction qu'ils nous ont demandés avant la fermeture, ça ne tombe pas en ruines. Le garage est en pleine exploitation, il n'y a aucune désuétude là-dedans. Dans le temps, quand ils avaient besoin de permis, ils étaient très polis avec nous, les discussions étaient amicales. Ils voulaient montrer qu'ils étaient de bons citoyens corporatifs. Mais là, ils ont sorti la hache de guerre. C'est un peu déplorable. »M. Corbeil a rappelé que tous les citoyens ont contribué financièrement à la mise en place des infrastructures - aqueduc, épuration des eaux, caserne des pompiers - dont Olymel a pu bénéficier pour ses propres installations.Sa grande crainte, c'est que l'affaire Olymel marque le début d'un dérapage. « J'espère juste qu'il n'y aura pas d'effet boule de neige dans les autres municipalités », assure M. Corbeil. Du côté d'Olymel, le porte-parole, Richard Vigneault, a laissé entendre que l'entreprise faisait simplement valoir ses droits en matière d'évaluation foncière. Au sujet de l'avenir des installations d'Olymel à Saint-Simon, il n'avait rien de nouveau à annoncer. « Pour l'instant, il n'y a aucun projet, aucun », a-t-il laissé tomber.

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