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Collusion : Claude Chagnon savait, selon Daunais
17 avril 2014

Pavages Maska devant la commission Charbonneau
Collusion : Claude Chagnon savait, selon Daunais

L'homme d'affaires maskoutain, Claude Chagnon, est à la tête du Groupe Chagnon, qui chapeautait à une certaine époque les entreprises Pavages Maska, ABC Rive-Nord et les Entreprises Claude Chagnon.
Puisque le grand patron de Pavages Maska, Claude Chagnon, gère son entreprise d'assez près, comme l'a fait remarquer le procureur de la commission Charbonneau Me Berdou en interrogeant Serge Daunais, il a tenté de savoir si M. Chagnon était bien au fait « des méthodes de travail » de son entreprise.

« Je ne discutais pas de ça avec M. Chagnon. Très rarement, il se chargeait des discussions [avec nos compétiteurs], mais oui, il avait une connaissance des tractations », a fini par admettre du bout des lèvres le directeur général de Pavages Maska, lorsque pressé de questions par le commissaire Renaud Lachance.

Les contributions politiques des dirigeants et employés du Groupe Chagnon, qui chapeautait à une certaine époque les entreprises Pavages Maska, ABC Rive-Nord et les Entreprises Claude Chagnon, ont aussi retenu l'attention de la commission Charbonneau. On a appris qu'ils ont globalement versé pas moins de 87 260 $ dans la caisse des principaux partis de 1998 à 2011, dont 68 610 $ à la caisse du Parti libéral du Québec. Au cours de cette période, M. Daunais a versé plus de 11 000 $ aux partis politiques, dont à la caisse du député libéral de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, « une vieille connaissance qui me donne certains renseignements d'ordre légal ou de l'information quand il en avait », a expliqué M. Daunais.Ce dernier a confirmé que tous ses dons lui étaient remboursés par son employeur, une pratique contraire aux règles sur le financement des partis politiques.

Sintra liée à Pavages Maska

Lors de son témoignage, le DG de Pavages Maska a aussi confié qu'il était pratique courante au sein de l'industrie du pavage d'envoyer des bouteilles de vin à la direction territoriale du ministère des Transports de la Montérégie-Est en guise de reconnaissance. Il lui est aussi arrivé de remettre une paire de billets de hockey.

Il a aussi été mentionné devant la commission Charbonneau que Sintra possède depuis 2012 environ 40 % de l'entreprise Pavages Maska, à la suite du rachat de parts de l'ex-actionnaire André Dubreuil. « Sintra est actionnaire, mais sans droit de regard, a assuré M. Daunais. Mais compte tenu des procédures juridiques en cours, je ne peux pas trop m'avancer. Cela dit, Sintra ne s'est jamais impliquée, à date, dans les opérations de Pavages Maska. »Claude Chagnon se serait en effet adressé aux tribunaux dans l'espoir de faire annuler cette transaction et de récupérer la part de son ancien associé.« Le ministère des Transports a hâte que le problème se règle », a lancé M. Daunais à propos de cette situation assez unique qui a pour conséquence de permettre à deux entreprises désormais liées de soumissionner sur les mêmes contrats.On ignore pour l'instant si Claude Chagnon sera à son tour appelé comme témoin devant la commission Charbonneau. Signalons que M. Daunais était jusqu'en décembre dernier vice-président du conseil d'administration de Pavages Maska.Il a annoncé sa retraite aux fêtes, selon ses dires.

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