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Brasserie Licorne Québec déclare une faillite de 9,2 M$
1 mai 2014

Boris ferme le robinet à Saint-Hyacinthe
Brasserie Licorne Québec déclare une faillite de 9,2 M$

La Brasserie Licorne Québec n'aura pas longtemps brassé des affaires à Saint-Hyacinthe. Son usine qui avait démarré la fabrication de panachés (coolers) et de spiritueux de marque Boris au printemps 2011 a déclaré faillite le mois dernier avec des dettes de 9,2 M$, a appris LE COURRIER.

Les produits Boris ne disparaîtront pas pour autant des tablettes des épiceries. La marque de commerce a été achetée par une division du Groupe Geloso de Laval qui assure maintenant la fabrication et la distribution de ces boissons alcoolisées.

La Brasserie Licorne Québec était la propriété de la Brasserie Licorne, filiale française du géant allemand Karlsberg. En janvier 2013, les affaires semblaient pourtant mousser et l'entreprise était en mode expansion. L'espace de production de l'usine avait été agrandi et les locaux occupaient une superficie de 30 000 pieds carrés. Ils sont aujourd'hui à louer. L'installation d'une usine flambant neuve sur la rue Martineau avait nécessité des investissements de 4,2 M$. En 2012, on prévoyait même investir 5 M$ supplémentaires pour acheter de nouveaux équipements. Le volume annuel de l'usine était de 35 000 hectolitres (3,5 millions de litres) et 25 personnes y travaillaient. La marque Boris facilement identifiable avec son personnage « révolutionnaire » brandissant un drapeau flanqué d'un B fut créée en 2003 par Michel Godin. Cet ancien d'Unibroue occupait le poste de vice-président principal de la Brasserie Licorne Québec et croyait dur comme fer au succès de l'entreprise. En plus de faire preuve de créativité comme de créer une vodka fabriquée à base d'eau végétale issue de l'érable, le dynamique entrepreneur souhaitait rapatrier à Saint-Hyacinthe la fabrication de la bière Boris, toujours brassée à l'usine alsacienne de la Brasserie Licorne.

Victime de la concurrence

L'ancien directeur des ventes de la Brasserie Licorne Québec, Éric Grypinich, nous a accordé une entrevue pour expliquer cette rapide descente aux enfers.

« Dès 2012, nos volumes de ventes ont commencé à chuter. L'arrivée des coolers de Smirnoff dans les épiceries nous a fait très mal. Nous devions faire face à deux concurrents de taille que sont Smirnoff et le Groupe Geloso qui détient 75 % de la vente des coolers au Québec », explique M. Grypinich.Lors de l'établissement de son plan d'affaires, l'entreprise prévoyait une augmentation des ventes de l'ordre de 20 à 30 % par année. Dans la réalité, ce fut le contraire qui s'est produit.« L'usine fonctionnait seulement à 20 % de sa capacité. Nous avions même envisagé de nous tourner vers la fabrication de produits de marque privée pour ajouter du volume », précise celui qui occupe aujourd'hui la fonction de directeur général à la Société des Bières Européennes. Éric Grypinich mentionne que ses patrons en France ont supporté financièrement la division québécoise jusqu'à ce qu'elle soit étranglée financièrement. « Ils ont supporté nos pertes pendant deux ans jusqu'au jour où ils nous ont donné six mois pour redresser la barre. » Les pertes de la Brasserie Licorne dans l'aventure québécoise s'élèvent à presque 5 M$. Selon les chiffres obtenus auprès du syndic Raymond Chabot, le montant total des réclamations des 84 créanciers non garantis atteint 6,5 M$. Au niveau régional, le créancier en tête de liste est le CLD Les Maskoutains avec une créance de 279 300 $ (voir autre texte).Quant aux créances garanties, elles représentent 2,6 M$ et se composent principalement de la Banque Royale du Canada (1,7 M$) et d'Investissement Québec (933 360 $). Comparativement, l'actif de la brasserie se chiffre à presque 500 000 $, dont plus de 424 000 $ pour les équipements.

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