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Les émissions atmosphériques seront analysées
1 mai 2014

Usine Veolia
Les émissions atmosphériques seront analysées

L'épaisse volute blanche qui s'échappe continuellement du site de l'usine Veolia de Saint-Hyacinthe préoccupe le ministère de l'Environnement.
L'épaisse volute blanche qui s'échappe continuellement de l'usine de régénération des huiles usées de Saint-Hyacinthe sera analysée pour le compte du ministère de l'Environnement, a appris LE COURRIER.

En prenant cette décision, Québec veut s'assurer qu'aucune particule toxique ne soit rejetée dans l'atmosphère.

Propriété de la multinationale française Veolia, cette usine se retrouve sous la loupe du Ministère depuis qu'une dizaine de plaintes concernant l'émanation d'odeurs incommodantes ont été déposées à la municipalité à partir de novembre 2013. Le ministère de l'Environnement a adressé à la direction de l'usine située sur l'avenue Pion des avis de non-conformité datés du 20 janvier, du 14 février et du 14 mars. « Nous vous demandons de prendre sans délai les mesures requises pour remédier à ce ou ces manquements (émission de contaminants) », écrit le Ministère dans sa missive de février dont LE COURRIER a obtenu copie à la suite d'une demande d'accès à l'information. « Environ 90 % du problème d'odeurs est aujourd'hui réglé, assure Pierre Trudel, porte-parole de Veolia Canada. Le seul endroit qui demeure problématique est l'emplacement où se déroule le chargement des camions. » Dans le cas où Veolia tarderait à corriger le tir, le Ministère pourrait prendre des mesures administratives ou judiciaires et délivrer des amendes pouvant atteindre 10 000 $.À la mi-avril, le président de Veolia Canada, Jean-Louis Receveur, et la responsable de la qualité et de la sécurité en environnement de l'entreprise, Céline Pearson, ont été reçus dans les bureaux du Ministère.Lors de cette rencontre, la direction de Veolia Canada avait proposé un plan d'action pour remédier à la situation. Celle-ci s'était également engagée à appeler en renfort de France, des experts qui maîtrisent le procédé de recyclage des huiles usées. Depuis avril 2013, Veolia opère en partenariat avec Total, une usine similaire en Haute-Normandie. Ce centre de recyclage des huiles usées avait déjà donné du fil à retordre à la municipalité de Gonfreville l'Orcher où il est implanté, en raison d'odeurs incommodantes.Au Ministère, il semble que l'on va resserrer encore la vis envers l'usine Veolia de Saint-Hyacinthe qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. « Nous ferons l'inventaire de toutes les sources d'odeurs perceptibles sur le site de l'usine. Nous effectuerons également un échantillonnage des émissions atmosphériques », prévient Daniel Savoie, directeur général adjoint responsable de la Montérégie au ministère de l'Environnement.Selon l'entreprise, ces odeurs proviennent principalement des évents de réservoirs de produits asphaltiques, l'une des matières pétrochimiques fabriquées par l'usine maskoutaine.

Oxydateur thermique

La fumée qui émane du site de l'usine Veolia, décrite par la direction de Veolia Canada comme de la vapeur d'eau, s'échappe quotidiennement d'un oxydateur thermique.

Cet équipement, appelé également incinérateur, est un système de traitement pour détruire les possibles contaminants présents dans les gaz issus du procédé de régénération des huiles.Un courriel du Ministère adressé au responsable de l'usine en date du 18 décembre insiste sur l'obligation de respecter scrupuleusement la température d'opération de l'oxydateur thermique.« Nous vous rappelons que ce qui a été autorisé et qui doit être respecté en tout temps est une température de 1093 degrés Celcius avec un temps de résidence de deux secondes pour une efficacité de 99,9999 %. »Même si la direction de l'entreprise assure que la problématique d'odeurs est distincte du fonctionnement de l'oxydateur, le Ministère semble en douter dans sa correspondance. « Afin de limiter de possibles émissions d'odeurs, nous vous recommandons que la température de l'oxydateur thermique soit maintenue à la température normale d'exploitation (1093 °C) pendant une période d'au moins 60 minutes consécutives avant d'introduire l'effluent gazeux à brûler. » Lors d'une inspection effectuée le 10 janvier à l'usine Veolia, il fut mentionné que la température de l'oxydateur thermique pouvait être au minimum de 871 degrés Celcius. Au Ministère, on se questionne à savoir si la destruction des contaminants demeure aussi efficace à une température inférieure à celle qui figure dans une demande de modification de permis datée de décembre 2011.

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