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Les audiences du BAPE déçoivent le RIGSVSL
10 avril 2014

Gaz de schiste
Les audiences du BAPE déçoivent le RIGSVSL

Jusqu'ici les experts entendus durant les deux premières semaines d'enquête du BAPE sur le gaz de schiste n'ont pas réussi à calmer les inquiétudes la poignée de citoyens présents aux audiences.
Le coordonnateur général et porte-parole du regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL) qualifie de biaisée et d'unidirectionnelle l'information présentée depuis plus d'une semaine aux audiences du BAPE à Saint-Hyacinthe.

Alors que la première partie des consultations publiques sur les enjeux liés à l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste tire à sa fin, Jacques Tétreault a vu défiler une vingtaine d'experts, ce qui n'a pas suffi à le convaincre de la pertinence d'un nouveau BAPE sur les gaz de schiste.

« Il y a eu cinq scénarios de développement de l'industrie qui ont été présentés et aucun d'entre eux n'excluait l'exploitation du gaz de schiste. Avant de tenir un autre BAPE sur la question, il aurait dû y avoir un débat de fond », croit M. Tétreault. Il soutient que techniquement, ce serait faisable de changer de source d'énergie et de passer au vert. « Ça ne serait pas plus coûteux que les nombreux désastres naturels qui risquent de nous affecter si la question des changements climatiques continue d'être passée sous silence », illustre le biologiste de formation. Trois ans et demi après un premier BAPE sur la même question, on en est au même point, souligne M. Tétreault. En 2010, les citoyens découvraient en même temps que les commissaires ce qu'était un puits de forage. Il manquait d'information pour qu'ils puissent décider si l'on devait aller vers le développement des gaz de schiste. Aujourd'hui, le BAPE évalue les documents obtenus de l'étude environnementale stratégique sur le gaz de schiste et essaie de donner des réponses aux questions du premier BAPE. Jacques Tétreault remet aussi en question la légitimité des informations présentées au public peu nombreux et aux commissaires du BAPE. Lors de l'audience d'ouverture du 31 mars, il a interpellé l'un des consultants sur la quantité de produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique au Québec. « On a parlé de 36 produits chimiques qu'on utilise pour la fracturation hydraulique. Dans toute la documentation que l'EPA aux États-Unis a fournie publiquement, on parlait de plus de 600 produits chimiques dont au moins 69 étaient reconnus comme étant cancérigènes. Je me demande d'où provient ce chiffre de 36 », a-t-il demandé. Le consultant s'est défendu en arguant qu' « il n'y a pas des centaines de produits qui sont utilisés pour une fracturation, ça dépend de la composition chimique du sol, et il y a un nombre donné de produits chimiques qui sont utilisés ».

Non-acceptabilité sociale

Les membres du RIGSVSL ont profité de l'audience du 4 avril pour démontrer leur opposition au projet d'exploitation des gaz de schiste au Québec.

Au terme de la présentation d'un chercheur de l'Université du Québec à Rimouski sur le thème de l'acceptabilité sociale et des impacts dans les communautés d'accueil, la quasi-totalité des citoyens présents à la salle La Scène s’est levée et a déserté l'endroit. « Le chercheur tentait de démontrer qu'à la longue, la non-acceptabilité des gens envers l'exploitation du schiste pouvait être renversée. J'ai demandé au président de la commission s'il voulait voir ce qu'était une véritable non-acceptabilité et j'ai dit à tous ceux qui appuyaient le regroupement de quitter », raconte M. Tétreault.

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