Victime d'un accident de travail le 12 décembre dernier, Gilles Roy s'est rendu chez un médecin. «Je lui ai dit que j'avais mal à l'index de la main gauche, elle l'a regardé et sans hésiter, elle m'a envoyé passer des radiographiques. Je suis revenu avec les radiographies et elle m'a signifié un arrêt de travail du 12 au 19 décembre... ou de faire un travail d'une seule main.»
M. Roy laisse entendre que son contremaître lui a indiqué qu'il n'avait pas de poste de travail à lui offrir. «Il m'a proposé de travailler sur les coulisses. J'ai fait une boîte en me servant de ma main gauche, mais j'ai ressenti une vive douleur dans mon doigt et je lui ai signifié que ça me faisait mal, et que je quittais. Je suis retourné consulter un autre médecin étant donné que la première docteure n'était pas là et que j'avais un formulaire de la CSST. Je lui ai expliqué que je devais travailler d'une seule main et elle m'a signé un arrêt de travail complet. Même notre chef d'équipe m'a dit qu'il n'y avait pas de poste pour un travailleur qui ne dispose que d'une main à l'usine.»
Gilles Roy raconte avoir de nouveau consulté son premier médecin le 19 décembre et les radiographies ont alors démontré deux ligaments déchirés à son index. «Puisque l'usine était fermée durant le temps des Fêtes, elle a prolongé mon congé jusqu'au 22 décembre. Tout en me suggérant de soumettre mon doigt à des exercices quotidiens, elle m'a informé que la guérison de ligaments nécessite de deux à trois mois, mais que je pourrais reprendre le travail le 3 janvier.»
C'est le 9 janvier dernier que l'inspecteur de la CSST, Marcel Roy, s'est présenté à l'usine pour rencontrer l'accidenté du travail. «L'inspecteur m'a regardé travailler sur la scie tout en discutant avec trois de mes supérieurs. Un peu plus tard, l'inspecteur me dit que le contremaître m'avait proposé un poste sur les coulisses et que j'avais refusé. Il m'a fait la démonstration de fermer une boîte de la main droite et de la main gauche, sans l'index.»
Selon Gilles Roy, c'est à compter de ce moment que la situation s'est détériorée. «Tu as voulu nous en passer une p'tite vite pour faire de l'argent avec nous autres mais ça n'a pas marché. Tu va nous rembourser.
«Il a aussi mis en doute le diagnostic des médecins que j'ai consultées, et j'ai pris à témoin les trois boss. J'ai voulu déposer un grief, parce que l'entreprise ne veut pas me payer. Mais un supérieur a rétorqué que ces papiers étaient chez lui.»
Dans son argumentation, Gilles Roy fait valoir qu'il a accompli 75 1 de son travail et il justifie sa plainte à la CSST contre l'inspecteur. «Je veux des excuses de l'inspecteur Marcel Roy, parce que cet homme manque de bienséance et parce qu'il m'a enlevé le droit d'être payé. J'exige 500 $ pour dommages et intérêts, parce que mon moral a été affecté sur tous les points de vue.»
Préposé aux communications à la direction régionale de la CSST, Claude Trudel a précisé que les plaintes sont acheminées au bureau de Montréal et que le dossier suivra son cours normal. «Ils colligent toutes les informations et ils communiquent par la suite avec la direction régionale qui communique avec le plaignant.»