Édition du
26 Septembre 2001
 
Au coeur de la Place des bénévoles
Une oeuvre, un artiste : Yves Louis-Seize


photo :Photo Patrick Deslandes, PPM
Yves Louis-Seize sera à l'inauguration de la Place des bénévoles située au jardin des anciens maires, dimanche à 14 h.

Convivialité, échange et harmonie sont les thèmes qui expliquent l'oeuvre du sculpteur Yves Louis-Seize, qui trône depuis quelques jours au centre de la Place des bénévoles de Saint-Hyacinthe. Celle-ci sera inaugurée officiellement dimanche, dans le cadre des Journées de la culture et elle vise à souligner concrètement l'année internationale des bénévoles.

«Ce qui est extraordinaire dans la démarche de la ville, c'est la pérennité de l'installation et ainsi de l'hommage. C'est une réalisation concrète, une place pour commémorer le travail des bénévoles et réfléchir sur son importance dans notre société», note le sculpteur.

Yves Louis-Seize est sculpteur mais aussi spécialiste en Arts visuels. Son atelier est situé à Saint-Simon. Il enseigne à l'UQAM et au Centre de céramique Bonsecours, affilié au Cégep du Vieux-Montréal.

Son expérience et sa passion du métier font de lui une source de référence dans le domaine des arts visuels pour bon nombre de profanes et pour ses étudiants.

«Certains étudiants à qui j'ai enseigné il y a quelques années me téléphonent encore de temps en temps, pour obtenir des conseils. Ce sont des échanges stimulants, une espèce de mentorat, ce qui pour moi est une forme de bénévolat. Tout comme le fait de siéger à différents conseils d'administration et de vouloir ainsi faire avancer des choses.

Yves Louis-Seize résume son oeuvre : «Au coeur du bénévolat, il y a un échange. Les formes vertes qui dominent l'oeuvre de la Place des bénévoles symbolisent deux personnes qui se tiennent face à face, en situation d'échange. Le vert s'harmonise à la végétation qui entoure l'oeuvre. Celle-ci repose sur une base de béton, solide, comme l'action des bénévoles.

«La partie médiane, un cube, a des incisions qui laissent passer la lumière, celle que l'on perçoit suite à l'intervention des bénévoles. C'est aussi l'éclairage apporté par les bénévoles aux personnes qu'ils côtoient.

«Les personnes sont surélevées pour souligner l'importance de leur action. L'oeuvre a été conçue à une échelle humaine pour signifier qu'elle représente le travail d'humains.»

Yves Louis-Seize se prête de bonne grâce aux questions sur le sens de son oeuvre puisqu'elle répond à une demande précise de la ville et qu'elle est installée sur une place publique. Avant même qu'elle n'ait été mise en place, celle-ci faisait l'objet d'une controverse.

«En art contemporain, c'est assez fréquent mais on ne peut pas dire que l'on s'y habitue.

«Moi je tente toujours de créer des oeuvres minimalistes, aux formes pures, de dire le maximum avec le minimum.

«L'artiste s'inscrit dans son époque, il est de son temps et sa quête le pousse souvent à aller vers l'avant, la nouveauté. C'est la même chose en architecture, en médecine, et dans tous les domaines où des chercheurs veulent aller plus loin. Devançant les autres, ils créent des choses qui détonnent. En général, les gens voient peut-être plus l'utilité des oeuvres de ces créateurs, en architecture ou en médecine, et moins dans le domaine de l'art mais pour moi, ça tient de la même démarche, du même désir d'évoluer.

«Face à des oeuvres ou des créations nouvelles, les gens ont deux choix, s'ouvrir ou se fermer.

«Les idées et les projets, on ne sait jamais où ça va nous mener et c'est ce qui fait la beauté de la chose», souligne l'artiste.

 
 
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