Un virage qu'a pris récemment la potière Louise Bousquet en inaugurant l'Économusée de la porcelaine, à Saint-Jean-Baptiste, au début du mois de juillet.
Seule artisane à produire de la porcelaine fine au Canada, des pièces d'une blancheur translucide, Mme Bousquet espère maintenant accueillir des visiteurs dans son atelier et éventuellement, des groupes scolaires.
« La porcelaine est une grande méconnue au Québec. Ce que les gens connaissent, c'est la porcelaine de leurs grands-mères qui était assez brute et qui, naturellement, ne va pas au lave-vaisselle, indique Louise Bousquet qui a étudié les techniques industrielles de conception de la porcelaine fine, à Limoges, en 1997. Les Anglais, eux, vivent dans la porcelaine. Cela fait partie de leur culture, pas nous. »
De controverse à consécration
Louise Bousquet cumule plus de 30 ans d'expérience en poterie et dès ses premières années de métier, elle a voulu créer des pièces blanches, un peu à l'image de celles d'Eva Zeisel, une potière très reconnue devenue designer industrielle.
« Lorsque je suis arrivée avec de la poterie blanche dans les années 80, c'était presque controversé parce que personne ne connaissait cela. On me disait, ça y est, Bousquet se lance dans les cabinets de toilettes. »
Par chance, les temps ont bien changé! En 2005, Porcelaines Bousquet a d'ailleurs remporté le premier prix du Interior Design Show de Toronto pour la meilleure collection de produits.
Certaines de ses pièces ont fait leur chemin jusqu'à la délégation du Québec à Paris, d'autres portent la marque intemporelle d'oeuvres de Riopelle.
Transmettre le savoir
Avec l'Économusée de la porcelaine, les visiteurs seront à même de découvrir l'atelier de Mme Bousquet (sur réservations de préférence), mais aussi, ils pourront en apprendre plus sur l'histoire de la porcelaine, de la chinoise à l'anglaise, grâce à une très belle collection de pièces anciennes.
Un centre de documentation, la présentation de pièces plus contemporaines et une boutique complètent le tout, dans un style très épuré, à l'image des porcelaines immaculées de Louise Bousquet.
D'ailleurs, cette dernière était particulièrement fière de nous présenter le travail d'une jeune designer, Véronique Paul, qui a pu utiliser son atelier pour concevoir son projet de fin d'étude intitulé La gamelle, un ensemble de plats polyvalents très utiles pour le célibataire d'aujourd'hui. « Transmettre son savoir, c'est aussi très important. Surtout que cela permet de voir le travail de la relève. C'est aussi ça le mandat de l'économusée », conclut Mme Bousquet.