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17 Août 2005

Un musée pour les amoureux de la porcelaine


photo :Photo Patrick Roger, Le Courrier ©
Louise Bousquet était fière de nous présenter le travail d'une jeune designer, Véronique Paul, qui a pu utiliser son atelier pour concevoir son projet de fin d'étude intitulé La gamelle.

Un économusée est une entreprise de métier d'art ou d'agroalimentaire qui utilise pour sa production un savoir-faire authentique et met en valeur des artisans et des métiers en ouvrant son atelier au public.

Un virage qu'a pris récemment la potière Louise Bousquet en inaugurant l'Économusée de la porcelaine, à Saint-Jean-Baptiste, au début du mois de juillet.

Seule artisane à produire de la porcelaine fine au Canada, des pièces d'une blancheur translucide, Mme Bousquet espère maintenant accueillir des visiteurs dans son atelier et éventuellement, des groupes scolaires.

« La porcelaine est une grande méconnue au Québec. Ce que les gens connaissent, c'est la porcelaine de leurs grands-mères qui était assez brute et qui, naturellement, ne va pas au lave-vaisselle, indique Louise Bousquet qui a étudié les techniques industrielles de conception de la porcelaine fine, à Limoges, en 1997. Les Anglais, eux, vivent dans la porcelaine. Cela fait partie de leur culture, pas nous. »

De controverse à consécration

Louise Bousquet cumule plus de 30 ans d'expérience en poterie et dès ses premières années de métier, elle a voulu créer des pièces blanches, un peu à l'image de celles d'Eva Zeisel, une potière très reconnue devenue designer industrielle.

« Lorsque je suis arrivée avec de la poterie blanche dans les années 80, c'était presque controversé parce que personne ne connaissait cela. On me disait, ça y est, Bousquet se lance dans les cabinets de toilettes. »

Par chance, les temps ont bien changé! En 2005, Porcelaines Bousquet a d'ailleurs remporté le premier prix du Interior Design Show de Toronto pour la meilleure collection de produits.

Certaines de ses pièces ont fait leur chemin jusqu'à la délégation du Québec à Paris, d'autres portent la marque intemporelle d'oeuvres de Riopelle.

Transmettre le savoir

Avec l'Économusée de la porcelaine, les visiteurs seront à même de découvrir l'atelier de Mme Bousquet (sur réservations de préférence), mais aussi, ils pourront en apprendre plus sur l'histoire de la porcelaine, de la chinoise à l'anglaise, grâce à une très belle collection de pièces anciennes.

Un centre de documentation, la présentation de pièces plus contemporaines et une boutique complètent le tout, dans un style très épuré, à l'image des porcelaines immaculées de Louise Bousquet.

D'ailleurs, cette dernière était particulièrement fière de nous présenter le travail d'une jeune designer, Véronique Paul, qui a pu utiliser son atelier pour concevoir son projet de fin d'étude intitulé La gamelle, un ensemble de plats polyvalents très utiles pour le célibataire d'aujourd'hui. « Transmettre son savoir, c'est aussi très important. Surtout que cela permet de voir le travail de la relève. C'est aussi ça le mandat de l'économusée », conclut Mme Bousquet.