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Notes d’histoire religieuse protestante de la région selon L’Aurore (4)
19 juin 2014

Notes d’histoire religieuse protestante de la région selon L’Aurore (4)

Cet édifice situé au coin des rues Cushing et Boulay était le lieu de réunion des fidèles de l’Église méthodiste d’Acton Vale. Converti en logement, et plus tard, en restaurant, il fut démoli en 1962 pour faire place au stationnement municipal.
Évangélisation de la région d’Acton Vale

Évangélisation de la région d’Acton Vale

Journal montréalais L’Aurore, 8 septembre 1894 : « Le pasteur [Léopold] Massicotte se propose de pousser vigoureusement son oeuvre d’évangélisation à Acton Vale et dans les environs. Il se propose de distribuer plusieurs centaines de traités parmi les catholiques romains et de donner une série de conférences sur le romanisme. Les 26 et 27 du mois [août], les réunions missionnaires, en rapport avec l’église de Saint-Théodore et d’Acton Vale, avaient lieu. Les pasteurs T. Roy, L.E. Roy et W. Desmarais se sont fait entendre. L’an dernier, cette mission a contribué 25 $ pour l’évangélisation parmi les païens ».

Décès Michel Auger, ancien député de Shefford

« Monsieur Michel Auger, ex-membre du Parlement, est décédé à sa résidence à Toronto, le 13 courant. […] Il naquit il y a 78 ans à Saint-Pie. Son grand-père fut le premier Canadien-français connu qui embrassa le protestantisme dans la province de Québec; son père éleva une nombreuse famille dont chaque membre suivit l’exemple du grand-père en embrassant la vérité de l’Évangile. M. Michel Auger épousa en première noce Mlle Précile Nicol, qui lui donna dix enfants, six fils et quatre filles, dont la plupart occupent des positions honorables dans la société – deux étant médecins, un marchand, un pasteur et une épouse de pasteur. Il épousa en seconde noce la veuve de feu Jérôme Farwell, de Toronto, née Sarah Leamon, qui lui survit.

M. Auger, en 1882, fut élu membre du Parlement fédéral pour le comté de Shefford [région de Granby]. Il occupa plus tard sous le gouvernement Laurier la charge d’inspecteur hygiénique des cours et des wagons de chemins de fer pour bestiaux. […] Bien qu’au début de sa carrière il ne possédait qu’une éducation élémentaire, il sut plus tard acquérir beaucoup de connaissances pratiques, surtout dans les affaires municipales dans lesquelles il était considéré un expert […]. M. Auger était membre de l’église baptiste française de Roxton Pond et un fervent défenseur de l’abstinence totale des boissons enivrantes. […] Après un service funèbre impressionnant, à sa résidence [de Toronto], les restes mortels furent transportés à Roxton Pond […] ». L’Aurore, 28 mai 1909.

Baptistes et Méthodistes à Roxton Pond

Dans le deuxième article de cette série, j’avais indiqué que la communauté protestante de Roxton Pond à la fin du XIX e siècle était baptiste. Ce fut une erreur de ma part car il y a eu également une communauté méthodiste.

L’Aurore, 18 juillet 1919 : « Vers 1845, le protestantisme français a été introduit à Roxton Pond. Ses premières influences vinrent de Saint-Pie. Il y avait là une oeuvre fondée par la Mission de la Grande Ligne comprenant une église et une école. [À Roxton Pond] se trouvait une colonie de Canadiens-français établis sur des fermes rocailleuses au milieu de la forêt. Aussi l’endroit porta-t-il le nom Des Bois. […] Ce n’était qu’au prix d’un travail très ardu que ces colons pouvaient arracher à la nature récalcitrante leur subsistance. On parle encore aujourd’hui de ces temps difficiles, comment il fallait pour supplémenter les produits des terrains que l’on avait défrichés, brûler les grands arbres pour en faire de la cendre et réduire celle-ci en sel de potasse. Or ce sel, il fallait le vendre, et pour le vendre il fallait le transporter à dos d’homme à travers les étroits et rudes sentiers de la forêt jusqu’à Granby, une distance de huit milles [13 kilomètres]. On raconte aussi comment il fallait vivre surtout du gibier, de pommes de terre et de galettes de sarrasin. […] Malgré ce labeur ardu et ces privations nombreuses on y vivait heureux. Chacun se sentait chez soi, on y passait les dimanches, vu que l’église [catholique] la plus rapprochée était à 14 milles [22,50 kilomètres, à Saint-Pie], en des rassemblements pas toujours très religieux. […] Éloignée de l’influence du prêtre qui, très rarement, visitait ces lieux, cette population était d’autant plus susceptible aux influences [de missionnaires protestants, baptistes, presbytériens et méthodistes]. En peu de temps, un nombre considérable de familles se détachèrent de [l’Église catholique]. Il en résultat deux églises : l’église baptiste et l’église méthodiste. […] L’église méthodiste fut pendant un temps florissante, mais elle subit plusieurs épreuves décourageantes; à deux reprises sa chapelle et son presbytère furent détruits par incendie. La conférence méthodiste se trouva un temps dans l’impossibilité [d’avoir] un missionnaire pour cet endroit. [Finalement] la troisième chapelle méthodiste a été vendue pour servir de salle publique au village de Roxton. Toutes les familles protestantes françaises de l’endroit, au nombre de 49, se rattachent maintenant à la congrégation baptiste ».

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