Hier matin, j’étais invité à l’émission du matin de Radio-Canada pour parler de l’Écho-fête 2012 de Trois-Pistoles dont je suis l’heureux porte-parole.
Comme à leur habitude les médias aiment bien recevoir leur invité, parler de la vraie affaire pendant quelques instants et ensuite tourner autour du pot le reste de l’entrevue. Les premiers points à l’ordre du jour, ça passe vite pis après, le varia, c’est variable. Autrement dit, le vrai sujet c’est l’os et le divertissement c’est la viande qu’on met autour pour que le sujet n’ait pas l’air trop squelettique.
À la radio privée on m’aurait parlé de minou et de pitou, de la cuisson de mon hamburger ou à quel fruit je m’identifie, quelque chose du genre, mais je déconne parce qu’à la radio privée je ne suis pas invité, je ne suis pas très vendeur. Oh, n’allez pas croire que je porte ici un jugement, que je refuse d’y aller ou que ce genre de questions me mette mal à l’aise. On a toujours le choix de répondre ou non et souvent on peut retourner les questions dans leurs shorts. À quel fruit vous identifiez-vous? À une banane madame. Une banane anarchiste!
Au fond, c’est peut-être pour ça que je suis moins invité à la radio privée. On préfère y parler de carrés aux dattes que de carré rouge.
À la radio d’État, au contraire on se passionne pour les questions politiques. On me questionne sur mes projets artistiques, on veut du senti, du ressenti et si possible une citation, un mot d’esprit. Bref, on ne se prépare pas pour l’entrevue de la même façon.
Donc, sous-sol de Radio-Canada en train de parler politique et des prochains spectacles des Zapartistes qui, je vous l’apprends peut-être, seront de nature électorale. On va en profiter pour faire un gros Bye-Bye sur le thème du règne libéral en n’oubliant pas de boxer au passage le Parti Québécois et ses circonvolutions, l’ADQ/CAQ et ses méandres giratoires sans oublier les coups de coude aux QS, Option Nationale et autres belligérants de l’arène politique. Bref, que du plaisir en récapitulant les 9 dernières années de Jean Charest et…
Et bing! Pas vu, pas prêt, l’animateur me sert une jambette en pleine envolée ; et le Directeur Général des Élections (DGE)? Va-t-il compter ces spectacles comme une dépense électorale?
Euh…ben, je… je bafouille, perd le fil et me défile à la François Legault ; on verra.
Mais après coup, je me demande vraiment si le DGE tiendra compte de l’humour. Sérieusement. Selon la loi, il le faudra bien. Nul ne peut déclarer favoriser ou défavoriser un candidat ou un parti… et blablabla en théorie, ça tient la route. Mais en pratique on est vite dans le champ.
Car il ne suffit pas de faire un spectacle d’humour en période électorale, encore le DGE doit-il prouver qu’il favorise ou défavorise nettement un candidat ou un parti.
Bon, mettons que nous ne favorisons personne. Mais nous défavorisons, ça c’est très clair. Vraiment, c’est le but de notre exercice, ne pas dire pour qui voter, mais clairement indiquer pour qui ne PAS le faire.
Bon, mettons un candidat au hasard, je sais pas moi… Jean Charest. C’est juste un exemple. Imaginons que pendant un spectacle on lui consacre 165 blagues le défavorisant. Mais en contrepartie nous faisons aussi 101 blagues contre le PQ, 42 contre la CAQ, une douzaine contre QS et 3 belles blagues bien rondes sur Option Nationale et Jean-Chose Aussant. Ok, 4 blagues.
À qui la dépense électorale sera attribuée? À Option Nationale qui est clairement la formation la moins défavorisée? Et si on ne fait aucune, mais alors là, aucune blague sur le Bloc Pot, le Parti Nul (oui, oui, ça existe) ou au Equality Party? Qui se retrouverait avec la dépense?
C’est pas très clair tout ça.
Je ne vois qu’une solution, inviter le DGE au spectacle et prendre une bière dans les loges avec lui après pour régler la question.
Et ce blogue? Et mes cartes blanches? Le Courrier devra-t-il me mettre sur la touche pendant les élections?
Quelqu’un a le numéro de téléphone du DGE?
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Dans le rayon ; oh la bonne blague! La dernière de la démissionnaire Michelle «ex-ministre-doublement-blâmée-par-le-vérificateur-général» Courchesne n’est pas pire. Le gouvernement prévoit bientôt entamer une «révolution» dans la fonction publique en instaurant des «modes alternatifs de résolution de litige», ceci afin d’éviter l’accumulation des griefs qui coûte cher à traiter et qui empoisonne le climat de travail.
Citée par le Devoir, Mme Courchesne, lance cette perle ; «il ne sert à rien de laisser traîner des conflits qui pourraient être solutionnés par la médiation ou le règlement à l’amiable, par exemple.»
Oui, oui, oui. Sauf quand ça sert à quelque chose comme gagner des élections… mais jamais le PLQ ne ferait cela. Ce serait grôôôtesque, non?