- Saint-Hyacinthe
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22 avril 2012

Vite, des élections!!!

En début de semaine, les Zapartistes étaient invités à participer au «tribunal populaire des condamnés d’avance» un autre de ces nombreux bons coups des étudiants en grève. Impertinente dans sa forme, l’activité était sacrément pertinente dans son fond.

Au menu; une pleine journée de lecture d’actes d’accusations envers les recteurs, les médias, les policiers et les politiciens qui a vu défiler à la barre des témoins étudiants, professeurs, philosophes, psychologues et autres experts de la couronne qui y ont fait l’étalage d’une lourde preuve dans chaque cas. Pour les recteurs ; gaspillage de fonds publics, politiques douteuses et transactions financières désastreuses (comme l’ilôt Voyageur qui en est la pointe de l’iceberg). Pour les policiers, forces abusives, intimidation, profilage, les médias étaient accusés de désinformation, de véhiculer des préjugés ou d’omettre les faits. En ce qui concerne les politiciens, au premier chef Jean Charest, je vous laisse compléter la liste des preuves retenues contre eux.

Nous étions chargés de la défense. Héhé. Sans surprise aucune, les accusés ont tous été déclarés coupables avec préméditation.

À un moment dans la journée, un peu étourdi et sonné par les preuves (très réelles) s’accumulant contre la gestion des universités et le laxisme de ses dirigeants, qui, s’ils échouent lamentablement repartaient quand même avec de très généreuses primes de départ, on s’est dit ; «voyons, quand c’est don’ que l’UPAC va débarquer dans les bureaux des recteurs ?» Puis, on éclatait de rire en se disant que bof, la lutte à la corruption et aux enveloppes ne semblait pas être la priorité de ce gouvernement.

Et voilà que tout à coup, bing badabing! O-oh. Arrêtez les presses! L’UPAC arrête tout plein de suspects dont le beau Tony Accurso! Ben voyons donc, pas le beau Tony? Quossé qui a ben pu faire? Le maire de Mascouche aussi, un fonctionnaire, six ingénieurs, deux collecteurs de fonds et un avocat. Alouette.

À voir la face réjouie de «Bob» Lafrenière, (notamment dans cet article du Devoir) on se dit que ce coup de filet, il y a longtemps que plusieurs l’attendaient. Au premier chef son grand chum, Jean Charest. 

On parie combien qu’il déclenche des élections avant que tout ce beau monde se mette à table?

Reste plus que quelques coups de matraque à donner sur une poignée d’étudiants radicaux, histoire de faire bander les mononc’réacs, genre, en fin de semaine pendant le dévoilement spectaculaire de son Plan Nord, et hop nous aurons des élections.

Probablement annoncées dimanche pour scooper la marche du 22 avril. Ou pire, il en est bien capable, de la récupérer à son avantage.

Excellent.

Car maintenant, peu importe l’issue des votes de grève à venir, les étudiants se verront présenter une excellente occasion de mettre en pratique l’apprentissage démocratique des dernières semaines. Car si les étudiants s’impliquent dans les élections à venir de la même manière qu’ils l’ont faite pour la grève… je crois que Jean, pour une fois, perdra son pari, la face et le pouvoir.

Les paris sont ouverts mais je vais vous dire, pour ce que j’ai vu, entendu et constaté du côté de la «jeunesse» je ne parierais certainement pas contre elle.

(AJOUT) J’ai commencé à écrire ce billet mardi. Depuis, il y a eu d’autres révélations choquantes comme celle-ci, particulièrement dégoûtante  qui émane d’un haut fonctionnaire des affaires municipales qui, dans une lettre d’opinion, appelle les anti-grève à «utiliser et appliquer les mêmes méthodes que les troupes fascistes durant les années 20 et 30» afin de «nettoyer» une société devenue «insalubre». Son billet porte joliment le titre; «Pour en finir avec les grèves étudiantes». LES grèves. Les mots ont un sens. Pour en finir avec les grèves, toutes les grèves…

Au fait, Jean Charest a -t’il dénoncé haut et fort et condamné avec la dernière énergie l’appel à la haine de ce petit fasciste? Vous me le direz je l’ai peut être manqué à travers le brouhaha.

Aujourd’hui vendredi, la situation s’envenime dans la rue. Ce qui aura aussi des répercussions dans les urnes. Le gouvernement n’aura eu aucune gêne à briser la paix sociale ou du moins à tout faire (y compris ne rien faire du tout) pour qu’on la brise. Facile ensuite de jouer la condescendance et exiger des étudiants qu’ils condamnent la violence pendant qu’on arrête des profs, des journalistes et qu’on envoie l’anti-émeute dans les universités, autrefois lieu de libre-expression maintenant devenues de simples centres d’achats dont il faut évincer la clientèle indésirable pour ne pas effrayer les commerçants.

Je serais sans cesse du côté des étudiants, quoiqu’ils fassent, quoiqu’ils disent. je le dis et je le répète, ils sont nous demain.

Mon JE est NOUS.

 

 

 

Commentaire
avril 28, 2012
Paul Roy


LA JUSTE PART DES ÉTUDIANTS EST-ELLE JUSTE?

En ce vendredi 27 avril 2012, après plus de 10 semaines de grève étudiante, nos gouvernants nous disent que le coût réajusté et augmenté des frais de scolarité sera de 254$ par an, soit 50¢ de plus par jour par étudiant nous affirme la Ministre. On passe à 82% d’augmentation sur 7 ans au lieu de 75% sur 5 ans.

Comme ces mêmes gouvernants, je me ferai brièvement comptable. Il y a autour de 325 000 étudiants universitaires au Québec et environ 6 500 00 contribuables. Avec 20 fois plus de contribuables que d’étudiants universitaires, le coût par contribuable serait donc de 2,5¢ par jour pour conserver le gel des frais de scolarité. Et le coût par contribuable serait d’environ 2¢ par jour si on proposait simplement d’augmenter les frais de scolarité en fonction du coût de la vie. Qu’on me trouve le contribuable qui n’accepterait pas cette «juste part» pour dénouer le chaos actuel.

Parlons davantage de cette «juste part». Nos gouvernants actuels s’entêtent à faire payer aux étudiants d’aujourd’hui et à la génération de demain les bénéfices consentis aux générations précédentes par nos gouvernants d’hier. Pour que ces générations précédentes – qui ont bénéficié de ce privilège du gel des frais – soient moins taxées de 2¢ par jour. Quel mauvais calcul!

Sans porter de jugement sur la pertinence ou non d’avoir agi ainsi, je pose «la question qui tue» : les étudiants d’aujourd’hui portent-ils la responsabilité du maintien du gel des frais de scolarité? Si la réponse évidente est «NON», pourquoi devraient-ils assumer les frais du rattrapage liés à cette décision «gouvernementale»? Qu’on m’explique en quoi une injustice sociale – faire payer à la jeune génération un privilège obtenu par la génération précédente – constitue une «juste part».

Les mauvais comptables qui nous gouvernent s’intéressent à la plomberie, à la tuyauterie des prêts et bourses. À l’évidence, ils sont meilleurs plombiers. Les décisions relatives aux prêts et bourse sont correctes mais il faudrait d’abord corriger les vices de construction dans leur rationnel de la justice sociale et dans leur tenue de livres comptables. Pour 2¢ par jour, selon les chiffres de la Ministre, quel fiasco social, économique et politique. Quel fiasco éducatif!

Notre Premier ministre n’agit pas actuellement «en bon père de famille». Il alimente le conflit des générations dans un entêtement financier qui, à la base, est une injustice économique et sociale.

Paul Roy
Retraité et grand-père qui croît à la justice sociale revendiquée par la jeune génération et qui favorise l’ahimsa de Gandhi – la non-violence – face à l’injustice sociale et l’entêtement

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