13 août 2015
Céline Saint-Pierre décorée de l’Ordre national du Québec
Par: Jennifer Blanchette
La Maskoutaine Céline Saint-Pierre a reçu le titre d’Officière de l’Ordre national du Québec pour sa contribution dans le domaine de la sociologie. Photo courtoisie

La Maskoutaine Céline Saint-Pierre a reçu le titre d’Officière de l’Ordre national du Québec pour sa contribution dans le domaine de la sociologie. Photo courtoisie

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a remis en main propre l’insigne à Mme Saint-Pierre. Photo courtoisie

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a remis en main propre l’insigne à Mme Saint-Pierre. Photo courtoisie

La Maskoutaine et professeure émérite de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Céline Saint-Pierre, a été décorée récemment du grade d’Officière de l’Ordre national du Québec. Cette prestigieuse récompense visait à souligner l’apport de cette sociologue et fille de l’ancien député de Saint-Hyacinthe et ministre, René Saint-Pierre, au sein de la communauté québécoise.

La remise de l’insigne a eu lieu en juin à la salle du Conseil législatif de l’hôtel du Parlement à Québec, une cérémonie durant laquelle un autre Maskoutain, Ray-Marc Dumoulin, s’est illustré en recevant la décoration de Chevalier.

« J’étais émue d’être dans le Salon rouge, car j’y avais mis les pieds plus jeune lorsque mon père avait été nommé député et ministre à deux reprises. Je lui dédie ma médaille ainsi qu’au Collège Saint-Maurice, les deux piliers qui ont fait de moi la personne que je suis », a exprimé Céline Saint-Pierre, en entrevue avec LE COURRIER.

En plus des 34 autres personnalités triées sur le volet, cinq des frères et soeurs de Mme Saint-Pierre l’accompagnaient à cette cérémonie où le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a remis en personne les insignes aux récipiendaires.

Professeure émérite du département de sociologie de l’UQAM, Céline Saint-Pierre a plus de 125 publications à son actif, en plus d’avoir présidé le Conseil supérieur de l’éducation et d’avoir ­occupé le poste de secrétaire générale de l’Association internationale de ­sociologie.

La candidature de la chercheuse a été appuyée par Paul Guérin-Lajoie, Guy Rocher, Louis Maheu, Pierre Lucier, Monique Simard et Michel Venne.

Racines maskoutaines

La passion de Céline Saint-Pierre pour la sociologie ne date pas d’hier.

Toute jeune, elle accompagnait son père, René Saint-Pierre, en l’honneur de qui l’école homonyme maskoutaine a été nommée, lors de ses campagnes électorales dans le comté de Saint-Hyacinthe. « Il y avait beaucoup de bébés à la maison, donc c’est moi qui suivais mon père au lieu de ma mère. Je me suis rapidement intéressée à la politique et aux enjeux de la région », s’est remémorée la dame de 75 ans.

Alors qu’elle suivait son cours classique au Collège Saint-Maurice, Mme Saint-Pierre hésitait entre une carrière en théâtre ou dans une « discipline qui étudiait la société » même si elle ne savait pas encore que la sociologie existait à l’époque. « Les religieuses étaient très ouvertes sur le monde. Elles me répétaient sans cesse que toutes les ­professions étaient possibles. »

En 1965, l’Université de Montréal lui demande de quitter la France, où elle complète son doctorat en sociologie du travail, pour venir enseigner dans son département de sociologie.

Elle occupera ce poste jusqu’en 1969 lorsque l’UQAM, qui vient d’ouvrir ses portes, la recrute pour fonder son propre département de sociologie.

Même si elle est passionnée par l’enseignement, Céline Saint-Pierre a avoué que sa plus grande réalisation aura sans doute été la présidence du Conseil supérieur de l’éducation, de 1997 à 2002. « J’avais participé aux États généraux sur l’éducation en 1995 et par la suite, Pauline Marois m’a téléphoné pour me demander de présider le Conseil. J’ai accepté. Ce fut l’un des plus beaux moments de ma vie, car j’avais la chance de relier la pratique de la sociologie à la recherche, dans le domaine de l’éducation », a-t-elle détaillé.

Retraitée de l’UQAM depuis 2004, Mme Saint-Pierre n’avait pas pour autant mis un terme à son engagement citoyen. « J’ai eu le privilège de faire des études, surtout si l’on tient compte de ma génération et de mon statut de femme, et ce privilège devait être retourné à la société. Je me devais de lui offrir le meilleur de moi-même », a soutenu celle qui envisage de prendre une retraite véritable cet été.

Fondé en 1984, l’Ordre national du Québec est la plus prestigieuse reconnaissance décernée par l’État québécois.

image