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Sur la glace du stade municipal (2)
18 février 2016

Sur la glace du stade municipal (2)

Oscar Aubuchon dans l’uniforme des Rangers de New York en 1944. Coll. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Au coeur des années 1940, deux hockeyeurs maskoutains jouent avec brio et parviennent à rejoindre les rangs de la Ligue nationale de hockey. Cette semaine, notre attention se porte sur Oscar Aubuchon.

Ce rapide ailier gauche, né à Saint-­Hyacinthe le 1er janvier 1917, est sans doute le plus méconnu des joueurs de hockey maskoutains. Les ­qualités athlétiques ­démontrées par le jeune adolescent lui ­permettent de jouer dans la ligue de hockey locale au début des années 1930. ­Déclassant la majorité de ses adversaires, il porte les couleurs du club « All stars » lors de la saison 1932-1933 où il s’affiche comme un des meilleurs éléments de la formation.

L’année suivante, il joue pour ­l’Académie Roussin de Montréal et, en 1934-1935, à l’âge de 17 ans, il obtient un poste avec le Canadien Sr de la Ligue de hockey provinciale. Au cours de ses deux saisons avec le Canadien Sr, il est sous la gouverne de Billy Boucher, un ancien joueur des Canadiens de la Ligue ­nationale. En 1937-1938, ­Boucher ­devient l’entraîneur des Tigers de Brighton, une équipe oeuvrant au sein de la Ligue ­nationale d’Angleterre. Boucher ­demande alors au jeune Oscar de le suivre sur le vieux continent. Puisque les conditions salariales sont très avantageuses, le Maskoutain accepte l’offre et passe les deux saisons suivantes avec le club de Brighton. Surnommé le « Flying ­Frenchman », Oscar s’illustre à de ­nombreuses reprises et ­remporte même le championnat des ­marqueurs à sa deuxième saison.

En septembre 1939, les hockeyeurs ­canadiens demeurent ici à la suite du ­déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale. La carrière d’Aubuchon se ­poursuit dans la Ligue américaine avec Pittsburgh, Cleveland, New Haven et Providence.

Avec les Reds de Providence, le ­Maskoutain forme trio avec Ab Demarco et Norman Calladine. En 1942-1943, il connait sa meilleure saison en terminant deuxième pointeur de la ligue avec 37 buts et 48 passes.

Dans la Ligue nationale

Dès la fin de la saison du club Providence, en 1943, Art Ross, le directeur général des Bruins de Boston, fait l’acquisition des contrats des membres du trio ­d’Aubuchon, reconnu comme le plus ­redoutable de la Ligue américaine. Mais le séjour de l’ailier gauche avec Boston est de courte durée, car il est vendu à New York au mois de ­novembre 1943.

À cette époque, les Rangers de Lester ­Patrick acquièrent le Maskoutain et trois autres joueurs dans une transaction ­qualifiée comme étant une des plus ­importantes depuis les débuts de la Ligue nationale. Au cours de la campagne 1943-1944, Oscar marque 17 buts et obtient 12 passes lors de ses 47 parties avec Boston et New York.

Lors des deux saisons suivantes, il est de retour dans la Ligue américaine. Puis, en 1946-1947, après une dizaine de ­parties avec Shawinigan, il termine l’année avec les Saint de Saint-Hyacinthe dans la Ligue ­provinciale.

Il s’agit de sa dernière saison, car en ­octobre 1947 il est victime d’un grave ­accident de la route. Récemment engagé dans la « Police Provinciale », Aubuchon est frappé par une automobile alors qu’il ­patrouille le territoire de Beloeil en ­motocyclette. Cet accident mettra un terme à sa carrière de hockeyeur.

Au cours des années 1950 et 1960, on le retrouvera comme entraîneur à Saint-­Hyacinthe et à Drummondville. Nommé moniteur général des jeux par la Ville de Saint-Hyacinthe, en 1954, il sera responsable de l’organisation des différentes ­ligues sportives de la ville. Puis, en 1957, il lancera une école de ­hockey fréquentée par une cinquantaine de joueurs de 12 à 14 ans.

Oscar Aubuchon, décède le 10 ­septembre 1970. Celui que les Maskoutains ont ­affectueusement ­appelé « Ti-Cor » laissera le souvenir d’un athlète talentueux, mais aujourd’hui oublié.

Les années d’après-guerre au Stade municipal

À l’aréna, lors de la saison 1945-1946, on note la présence d’une équipe locale qui fait partie de la Ligue provinciale Senior. Les villes de Victoriaville, ­Drummondville, Sherbrooke, Lachine et Cornwall feront une chaude lutte aux Saints de Saint-Hyacinthe.

Le 17 novembre 1945, une foule ­estimée à plus de 2 000 personnes assiste à la ­première partie locale. Tony Demers, un ailier droit qui a joué avec le Canadien de 1937 à 1943, demeure la grande vedette des Saint. Ce dernier remporte le ­championnat des compteurs de la ligue. Quelques ­Maskoutains, dont Claude Savary, qui sera journaliste sportif au « Courrier de Saint-Hyacinthe » pendant un certain temps, et Paul-Émile Paris, un bénévole qui sera grandement impliqué dans le hockey ­mineur local, à compter des années 1960, font partie de ce club présidé par Ubald ­Lalime. Au terme de la saison, les Saint ­terminent en 3e position et s’inclinent en demi-finale face à Victoriaville.

À suivre…

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