Dans de beaux draps en Italie | Le Courrier
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Dans de beaux draps en Italie
8 janvier 2015

Mélanie Fortin
Dans de beaux draps en Italie

Être en couple, c’est aimer, se compléter, se soutenir, donner un sens à son existence, avoir des projets communs, céder à une passion dévorante, goûter la douceur et éprouver de la tendresse. Être en couple, c’est être heureux…, mais que se passe-t-il lorsque partager sa vie avec quelqu’un rime avec tristesse?

Dans le roman de Mélanie Fortin, Dans de beaux draps en Italie, un livre de 384 pages, publié par Les Éditions JCL, le lecteur fait la connaissance d’Anabelle, une femme dans la trentaine, mère de deux enfants qu’elle adore, travailleuse autonome en design intérieur. Cette femme, ayant tout pour être comblée, remet son mariage en question. Elle ne désire plus son mari (il est pilote d’avion, donc rarement à la maison), s’occupe de ses petits à temps plein et est incapable de s’accomplir dans son métier, puisque, au plus profond d’elle-même, la photographie la passionne.

Un jour, elle trouve une lettre compromettante dans la valise de son mari et, sur un coup de tête, décide de suivre sa meilleure amie en Italie au lieu d’affronter la triste réalité… Son couple est en péril et elle le sait très bien. Le hasard fera en sorte qu’elle rencontre Richard à l’aéroport, un auteur plein de charme, avec qui elle vivra une histoire d’amour dans un pays enchanteur. À partir de ce moment-là, Anabelle ne pourra plus fuir, car elle se rend compte que sa vie de couple ne la satisfait plus.

Comme bon nombre de gens, elle devra prendre une décision. Soit rester avec son mari, pour qui elle a tout de même beaucoup d’affection, afin d’éviter de briser sa famille (tout en cherchant un moyen d’être heureuse dans un cadre rassurant, et ce, même si elle n’est plus amoureuse…), soit emprunter un chemin sinueux en divorçant et en subissant les conséquences de ses choix. Sera-t-elle prête à accepter sa vérité intérieure, à affronter ses peurs, à sortir de son cocon douillet pour modifier et bouleverser son existence, celle de son mari et de ses enfants? Que se passera-t-il avec Richard si elle donne une chance à son couple?

Avant d’écrire ce roman, après avoir rêvé à l’Italie, Mélanie Fortin a elle-même voyagé dans ce pays avec une amie, sur un coup de tête aussi (eh oui!). Ce qui fait en sorte que le lecteur voyage avec Anabelle, c’est la justesse et la beauté de la description des lieux. En lisant le récit, il est facile de visualiser les ruelles, les bâtisses historiques; de découvrir le mode de vie des Italiens, de goûter aux fameux Gelato, de humer le parfum des vins caractéristiques de la région. En lisant, explorer l’endroit devient une réalité. À part ses descriptions détaillées et poétiques, l’auteure fait rêver en mettant en scène Anabelle et Richard, deux êtres irrésistiblement attirés l’un envers l’autre.

La force de ce livre réside surtout dans les questionnements de l’héroïne. À travers elle, le lecteur se rend compte à quel point il est difficile de s’avouer l’échec d’une relation amoureuse et de reconnaître ses torts. Faut-il rester en couple, malheureux, et se contenter de ce que l’on a pour ses enfants? Pour éviter de blesser son entourage? Pour s’empêcher de sortir de sa zone de confort? Les tourments intérieurs d’Annabelle font réfléchir sur sa propre vie. Rares sont les romans qui nous forcent à nous livrer à l’introspection.

Mélanie Fortin habite au Lac-Etchemin, une petite municipalité en Beauce. Jusqu’à maintenant, Les Éditions JCL ont publié deux de ses récits, dont Elle danse avec la folie, en 2011. Son premier livre traite de schizophrénie. Ses deux romans sont vendus au Québec et en France, en version papier et numérique. Je ne vous cacherai pas que j’ai adoré Dans de beaux draps en Italie (un de mes gros coups de coeur!). De plus, je connais personnellement l’auteure et cette femme est attachante, vraie. Dans les salons du livre, elle prend toujours le temps de discuter avec ses lecteurs et ses lectrices et, pour les remercier, elle leur remet une carte postale d’une bicyclette rose qu’elle a elle-même photographiée en Italie. Une bicyclette qu’elle avait vue en rêve avant même de partir en voyage…

Je vous suggère donc de découvrir cette auteure pleine de sensibilité et de vous laisser happer par le récit d’Anabelle.

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