31 janvier 2019
Cœur de pirate : traverser les tempêtes
Par: Maxime Prévost Durand

« Chaque album, c’est comme une prise de conscience », raconte Béatrice Martin, alias Cœur de pirate. Photo Maxyme G.-Delisle

Avec son quatrième album, en cas de tempête, ce jardin sera fermé, Cœur de pirate marquait la fin de sa vingtaine et célébrait par la même occasion plus de 10 ans de carrière dans le métier. Même si le parcours a parfois été sinueux, la chanteuse a toujours traversé les tempêtes. Cette fois plus que jamais.

On ne l’espérait même plus, ce nouveau disque de Cœur de pirate, alors qu’elle avait signifié qu’il n’y en aurait peut-être pas d’autre avant longtemps. Mais avec les mois tumultueux qu’elle a traversés sur le plan personnel, Béatrice Martin en avait lourd à porter et c’est vers la musique qu’elle s’est retournée une fois de plus pour tourner la page.

« Chaque album, c’est comme une prise de conscience, raconte Béatrice, en entrevue téléphonique avec LE COURRIER. Avant celui-là, il y a eu un gros travail psychologique. Je suis allée en thérapie pour voir où était le trigger et pourquoi je répétais toujours les mêmes erreurs. […] J’ai eu une prise de conscience très féministe. Pourquoi? À cause du patriarcat et de la pression que ça m’imposait. »

Musicalement, ça se traduit par des ballades aux textes fragiles, comme « Somnambule », mais aussi des chansons rythmées qui témoignent de sa volonté de se relever, comme « Prémonition » et « Dans la nuit ».

« Je me suis vraiment donnée pour cet album-là. Je pense que c’est celui que j’ai le mieux réussi, confie-t-elle. C’est peut-être parce que je l’ai fait presque seule, mais c’est celui dont je suis le plus fière. »

Béatrice a toutefois pris par surprise bien des fans en annonçant sur les réseaux sociaux cet hiver qu’il s’agirait fort probablement de son dernier album de chansons originales en tant que Cœur de pirate.

« Avec ce qui se passe avec le streaming, le contexte est vraiment différent. C’est peut-être mon dernier album avec un concept et une trame narrative, confirme-t-elle au bout du fil. De la musique, je vais sûrement en ressortir, mais je ne sais pas encore de quelle façon », ajoute-t-elle plus loin dans la conversation, indiquant que d’autres projets se trament.

Une communion

Avant de passer à ces autres projets, Cœur de pirate viendra interpréter ses plus récentes chansons à Saint-Hyacinthe le jeudi 7 février, quelques semaines à peine avant de parcourir les États-Unis, l’Ouest canadien et la France avec cette même tournée.

Déjà présenté dans plusieurs villes du Québec, le spectacle se veut une véritable rencontre entre l’artiste et ses fans. « C’est un show qui est quand même long. C’est vraiment un partage avec le public. Je joue toutes les grosses chansons que les gens connaissent, en plus de celles du nouvel album. Je le vois comme un moment de communion avec le public et jusqu’à maintenant, c’est vraiment ça. »

Si la mise en scène de sa tournée précédente en avait mis plein la vue avec des projections impressionnantes, Cœur de pirate récidive cette fois avec un imposant escalier lumineux sur lequel elle se promène et où se trouvent certains de ses musiciens. Elle se permet également certaines chorégraphies tout en chantant, un aspect qu’elle a intégré à ses performances dans les dernières années et une façon pour elle de « montrer le message des paroles d’une façon différente ».

Le spectacle de Cœur de pirate en sol maskoutain sera présenté à la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde. L’auteur-compositeur-interprète Jérôme 50 sera en première partie.

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