1 février 2018
Création d’un parc industriel régional
Corbeil sceptique
Par: Benoît Lapierre
Le maire Claude Corbeil n’est pas chaud à l’idée de créer un parc industriel régional.   Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le maire Claude Corbeil n’est pas chaud à l’idée de créer un parc industriel régional. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Même si l’idée de créer un parc industriel régional demeure l’une des grandes orientations de la Municipalité régionale de comté des Maskoutains (MRC), l’affaire n’emballe pas le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil.

Les autres membres du comité administratif de la MRC ont pu le constater l’automne dernier lorsque le sujet est apparu à l’ordre du jour de leur réunion du 26 septembre, avant d’en être retiré. Ce comité, qui transmet ses recommandations au conseil des maires, devait se prononcer sur la pertinence de commander une étude de faisabilité quant à l’implantation d’un parc industriel régional sur le territoire de la MRC.
« J’ai demandé que ce point soit reporté au début de 2018. C’est un sujet délicat et je dois d’abord faire une démarche là-dessus avec mon conseil », a indiqué Claude Corbeil, qui siège d’office au comité administratif de la MRC à titre de maire de la ville-centre.
Une première recommandation favorable à l’étude avait été formulée par la Commission du développement économique et entrepreneurial de la MRC. Selon ce qu’a appris LE COURRIER, seul l’ex-conseiller municipal Alain Leclerc, qui représentait alors Saint-Hyacinthe à la Commission, avait exprimé son désaccord sur l’étude de faisabilité.
La création d’un parc industriel régional est une volonté qui avait été enchâssée dans la « Vision stratégique » de la MRC en 2012, puis dans le Plan de développement de la zone agricole (PDZA) en 2015, même si cet ajout avait déplu tant au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) qu’à l’UPA. Dans le PADZA, on précise toutefois qu’il s’agirait d’un parc uniquement voué à la transformation de produits agricoles. « C’est clair que j’ai suivi de très près l’élaboration du PDZA. À ce moment-là, des municipalités bien positionnées le long de la 20 voulaient un parc industriel au bord de l’autoroute pour profiter de la visibilité. L’autre endroit, c’était la terre des Overbeek (à l’ouest du boulevard Casavant), qui appartient à la Ville et où il y a des projets en attente », résume le maire Corbeil.
On se souviendra qu’en décembre 2016, en approuvant des modifications au schéma d’aménagement de la MRC, le gouvernement a confirmé qu’il serait prêt à autoriser l’exclusion de 22 hectares de la zone agricole du côté ouest de Saint-Hyacinthe pour des projets industriels d’envergure. Le premier pourrait être celui de la Coopérative avicole Exceldor (remplacement de l’usine de Saint-Damase), sur un emplacement d’au moins 13 hectares.
Claude Corbeil se demande quel intérêt il y aurait à créer en pleine ville un parc industriel régional, puisqu’il ne voit pas d’autre possibilité ailleurs. « Quand on parle de parc industriel, on parle aussi d’infrastructures, de réseaux d’aqueduc et d’égout, ce qu’on a déjà en ville. Mais nos parcs arrivent tous à maturité, et la Ville a une démarche à faire à ce niveau. »
Toujours en regard du développement industriel, le maire Corbeil aimerait bien que les rôles que jouent à cet égard Saint-Hyacinthe Technopole et Développement économique des Maskoutains (MRC) soient clarifiés. « Je maintiens ce que j’ai dit à laprésentation du budget, on a des discussions à avoir là-dessus. On veut la meilleure performance avec le moins d’ambigüité possible (dans les missions). Les deux organisations font du bon travail, mais il faut trouver le moyen de devenir plus efficaces encore. C’est ce qu’on recherche », a-t-il conclu.

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