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Marie Lefebvre dans la vie éphémère de Francesca Woodman
1 janvier 2015

Marie Lefebvre dans la vie éphémère de Francesca Woodman

L’auteure maskoutaine Marie Lefebvre signe son second roman intitulé Flou, chez les Éditions Leméac. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©
L’auteure Marie Lefebvre a réuni des photographies de la photographe Francesca Woodman et s’est librement inspirée de la vie de celle qui disparut prématurément à l’âge de 22 ans. Elle a fait paraître récemment son nouvel ouvrage intitulé Flou.

« Francesca a tenté de se confondre avec les bouleaux avant sa défenestration. Elle est passée à travers la vitre de son loft à New York à cause d’une peine d’amour, d’une trahison », peut-on lire dès les premières lignes de l’oeuvre écrite par Marie Lefebvre.

Après Les faux départs, publié en 2008, l’auteure maskoutaine s’est penchée sur le personnage peu connu et énigmatique, Francesca Woodman, une photographe contemporaine qui mit fin à ses jours il y a plus de trente ans.

« Durant sa vie, Francesca a créé un nombre impressionnant d’images. Toutes, affirme-t-on, consistent en des autoportraits, même quand Francesca n’y apparaît pas. Mais qui était cette personne que l’on voit, qui est-elle, qui était-elle? »

Ce passage qui marque l’introduction de Flou résume bien les motivations qui ont poussé l’auteure à plonger tête première dans les oeuvres de la photographe contemporaine pour ensuite donner vie à cette oeuvre de fiction.

« Je n’ai fait aucune recherche à proprement parler. J’ai fait quelques recherches sur ce que l’on pouvait dire de ses photographies, mais c’est tout. J’avais envie de lui inventer une vie, et ce, dans une structure de roman non conventionnel. Tout est un peu flou dans l’oeuvre, d’où le titre », explique Marie Lefebvre.

Une narratrice, tout aussi mystérieuse que le sujet principal, intègre le roman et le parsème d’anecdotes, de réflexions et de comparaisons entre Francesca et elle-même. Mais elle reste silencieuse sur sa véritable identité et la raison de sa présence dans le récit. « Mon objectif avec cette narratrice était de laisser planer un doute et briser la convention du récit. Je suis consciente que cela peut dérouter le lecteur », dit-elle.

Si la narratrice suscite des questionnements chez le lecteur, il en va de même pour les personnages qui croisent le chemin de Francesca au cours des 109 pages du récit. À cela s’impose une question existentielle que l’auteure voulait soulever.

« C’est un questionnement sur la vie. Tout cela a-t-il un sens? Dans ce cas-ci, non. Il arrive que l’on rencontre des personnes qui ne serviront peut-être à rien dans notre vie et peut-être que c’est cela la vie. C’est ce que je pose comme question et il n’y a pas de réponse évidemment. »

Une oeuvre qui traite du suicide et des questions qui restent sans réponses, Marie Lefebvre sait bien que son oeuvre n’est pas en soi un sujet léger. Ce processus d’écriture lui a toutefois procuré un sentiment exaltant alors qu’elle s’imprégnait de chacune des photographies de l’artiste, la motivant à chercher toujours plus loin et à approfondir son écriture.

« C’est plus délicat de s’inspirer d’une personne qui a vécu plutôt que de partir à zéro. Dans le cas de Francesca, on peut se demander si elle avait annoncé son geste dans ses photographies. Est-ce que mon intérêt envers elle aurait été le même si elle n’avait pas eu un destin aussi tragique? Je ne pense pas. »

Bien sûr, Flou est aussi un hommage à la photographe contemporaine qui écourta sa carrière trop tôt. Le projet a été accueilli favorablement par la famille de la défunte.

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