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Le danger des échéanciers incompatibles
27 février 2014

Médiathèque et Complexe culturel maskoutain
Le danger des échéanciers incompatibles

Le directeur général de la Médiathèque maskoutaine, Yves Tanguay.
Le directeur général de la Médiathèque maskoutaine, Yves Tanguay, reconnaît que le projet de Complexe culturel maskoutain (CCM) serait la solution idéale aux problèmes d'espace et de personnel qui affectent le réseau de bibliothèques de Saint-Hyacinthe, mais craint du même souffle que l'échéancier de la future infrastructure culturelle ne rejoigne pas celui qu'il s'était fixé.

Le plan directeur qu'il a réalisé devra être complété en 2020 alors qu'il est fort possible que le CCM, un lieu qui regrouperait à la fois le musée régional de Saint-Hyacinthe, le Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe et la Médiathèque maskoutaine, ne voit pas le jour avant encore une décennie, voire davantage.

Or, les besoins de la Médiathèque sont grands et avaient déjà été identifiés en 2009 lors d'une demande de subvention gouvernementale avortée puisqu'elle était accompagnée d'une condition empêchant la Médiathèque de formuler de nouvelles demandes d'aide financière pour les 20 prochaines années. Pour pallier l'augmentation constante du nombre d'abonnés - 13 500 en 2013 -, M. Tanguay soutient qu'il faudrait davantage de ressources humaines et de ressources financières pour les deux bibliothèques de Saint-Hyacinthe et davantage d'espace pour T.A.-St-Germain. Des travaux sont en cours pour doubler la superficie de la bibliothèque Sainte-Rosalie. Pour le moment, la Médiathèque maskoutaine ne compte que trois bibliothécaires professionnels alors qu'il devrait y en avoir 5,5, selon les lignes directrices des bibliothèques publiques. Ceci empêche la tenue d'un service de référence, limite les heures d'ouverture et restreint le développement des bibliothèques à Saint-Hyacinthe. « Nous sommes le service public le plus utilisé parmi tous les services de la Ville, mais nos gains sont modestes. C'est comme si la Ville ne voyait pas notre importance », déplore le directeur général. Le budget annuel de fonctionnement de la Médiathèque s'élève à 1,5 M$ dont 1,2 M$ sont versés par la Ville de Saint-Hyacinthe. La différence est recueillie via la fondation des Amis de la Médiathèque. Selon M. Tanguay, environ 500 000 $ supplémentaires par année permettraient de combler les lacunes du service. « La plupart des villes au Québec augmentent le budget dédié aux bibliothèques, tandis que nous, nous sommes l'une des municipalités qui investit le moins toutes proportions gardées. Pourtant, la bibliothèque n'est pas un échec et les chiffres le prouvent. » Il suggère aux autorités municipales d'investir davantage dans la Médiathèque dès maintenant afin que « la marche soit moins haute lorsque le CCM sera là ». Du côté de la Ville, on assure avoir à coeur le développement culturel notamment dans le projet du CCM, mais aussi dans le développement de la Médiathèque maskoutaine. Toutefois, mis à part l'indexation salariale annuelle, il n’y a pas d’augmentation budgétaire prévue pour ce service dans un avenir rapproché.

Étude de faisabilité

Afin de confirmer les besoins du CCM, la Ville devrait financer, en 2015, une étude de faisabilité. Celle-ci avait été initialement prévue pour 2014.

« C'est certain que ça nous inquiète que la Ville ait repoussé d'une année l'étude, car ça retarde davantage l'échéancier. Le CCM est un projet mobilisateur et porteur duquel nous souhaitons faire partie plutôt que de devoir faire cavalier seul », souligne Yves Tanguay. Le directeur du service des loisirs de Saint-Hyacinthe, Michel Robidoux, se dit pour sa part très confiant quant à la réalisation de l'étude. Il ajoute que le ministère de la Culture a déjà été sensibilisé au CCM et qu'il supportera son développement. Pour le moment, aucune demande de subvention n'a été déposée auprès du ministère de la Culture. « Nous ne sommes pas encore rendus à cette étape. À l'heure actuelle, nous explorons la partie muséale et ce qu'elle comprendra. Mais nous sommes très enthousiastes, car nous comptons sur l'unicité du projet pour obtenir une subvention le moment venu », assure Michel Lauzon, président des Amis du CCM. Le CCM est évalué à 30 M$ et devrait se concrétiser d'ici une quinzaine d'années, selon M. Lauzon.

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