Des mots sur la route | Le Courrier
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Des mots sur la route
8 mai 2014

Des mots sur la route

Les artistes se sont rendues sur les lieux de leur prestation en autostop. Elles ont inclus des citations et des extraits audio de leurs conversations avec les citoyens croisés en chemin à la performance du jour.
Les Productions Langues pendues, jeune organisme montérégien dans le domaine de la littérature et de la parole, a présenté une performance littéraire immersive dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Fidèle à sa mission d’inciter les créateurs à explorer les frontières entre l’univers des mots et les autres disciplines artistiques, Langues pendues a réuni poètes et artiste audio autour d’un thème, la route. C’est le mercredi 23 avril au cégep de Saint-Hyacinthe que le grand public ainsi que les étudiants ont eu l’occasion de prendre part à ce collage de textes et de sons.

Les artistes ont poussé l’aventure jusqu’à se rendre sur les lieux de leur prestation en autostop. Elles ont inclus des citations et des extraits audio de leurs conversations avec les citoyens croisés en chemin à la performance du jour, ce qui fait de La grand-route une oeuvre en perpétuelle évolution. Ce processus créatif pose la question du droit d’auteur à l’ère des créations interactives et du numérique. Une oeuvre tout indiquée pour le 23 avril. En effet, en octobre 1995, l’UNESCO proclamait cette date, « Journée mondiale du livre et du droit d’auteur » afin de rendre un hommage mondial au livre et à l’auteur et d’encourager chacun et en particulier les plus jeunes, à découvrir le plaisir de la lecture et à respecter l’irremplaçable contribution des créateurs au progrès social et culturel. Pour l’occasion, Anne-Marie Aubin, professeure de littérature au cégep de Saint-Hyacinthe, conteuse et journaliste, a animé une discussion entre les artistes et le public, à la suite de leur performance. Marie-Claude De Souza, poète reconnue pour allier art et communauté, a livré le récit d’une intervention poétique qu’elle mena sur plus de 5 555 km en autostop sur les routes du Québec en lisant un même poème aux conducteurs qui s’arrêtaient. « Paroles à demi saisies, enterrées par le bruit des moteurs. Jambes engourdies. Sac trop lourd. Moi, le caillou dans ma propre chaussure. Étais-je plantée en plein coeur du poème, à marcher entre les mots qui ne seraient jamais écrits? Dans le dos, un bouquet de roses des vents arrachées à notre retenue. » L’artiste pluridisciplinaire Stéphanie Verriest a ponctué les lectures de liaisons sonores, une abstraction audio qu’elle a créée à partir de la voix d’auteures, juxtaposant mots, silences, bruitage. Une manière de déconstruire les oeuvres lues pour mettre en relief syllabes, rythmes et sons. France Mongeau, auteure de huit recueils de poésie, était présente virtuellement à travers cette bande sonore. Sa suite poétique a glissé le spectateur dans l’esprit d’une camionneuse. « La route serait aussi cet oiseau qui s’abat devant moi et qui m’étreint son souffle fertile ses ailes écartelées grondante malédiction appuyée aux parois du ciel ce ciel éternel où je conduis survolant les terres arraisonnées aux vivants ». C’est en collaboration avec la Bibliothèque René-Jetté du Cégep de Saint-Hyacinthe que les artistes ont évolué dans une mise en espace favorisant une grande proximité avec le public. Grâce à la présentation d’oeuvres expérimentales, abordables et locales, les Productions Langues pendues cherchent à rendre plus accessibles des événements culturels professionnels et originaux en Montérégie tout en favorisant l’émergence d’une relève artistique et en agissant comme laboratoire culturel. Pour en savoir plus sur la mission de l’organisme, http://www.languespendues.com.">www.languespendues.com.

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