7 mars 2019
Éditorial
Dans le feu de l’action
Par: Martin Bourassa

De mémoire de rédacteur en chef, l’incendie qui a détruit la Place Frontenac au centre-ville est le plus dévastateur et impressionnant à avoir secoué la ville de Saint-Hyacinthe depuis celui du Collège Saint-Maurice en avril 1992.

Pourtant, rien ne laissait présager, quand l’alerte a été donnée à 15 h le 27 février, que l’on se réveillerait le lendemain matin avec un édifice en ruines, quelque 60 sinistrés et cinq commerces détruits. À l’arrivée des pompiers, peu de fumée s’échappait du bâtiment où un premier incendie accidentel s’était déclaré à peine trois jours auparavant sans faire trop de dommages. Mais on connaît la suite.

Dans le feu de l’action, il nous arrive à tous, je crois, de prendre de bonnes et de mauvaises décisions, moi le premier.

Je crois encore avoir pris la décision qui s’imposait en décidant de tuer la une du COURRIER et de rappeler à la hâte deux autres pages déjà envoyées à l’imprimerie pour consacrer la manchette et un reportage complet au sinistre en cours.

J’ai mis à jour et réécrit le texte sur le premier incendie à la lumière des conversations entendues sur les ondes des services d’urgence et des propos de notre équipe sur place. Je tenais à ce que nos lecteurs aient quelque chose à lire de solide et de pertinent en ouvrant leur journal le 28 février. Et c’est ce qui s’est produit. Malheureusement, le choix du titre à la une est à placer dans la catégorie des mauvaises décisions. Et il a malheureusement fait ombrage au reportage.

À 17 h, au moment de mettre sous presse, j’ai été inspiré par une formule, au sens propre, qui correspondait davantage à la photo principale qu’à l’événement dans son ensemble. Vu la situation qui s’est dégradée après coup et surtout le triste bilan au réveil, j’ai certes manqué de recul, de prévoyance ou de prudence (à vous de choisir) et je tiens à m’en excuser. Je vous ai habitué à mieux depuis les 15 dernières années.

Pour reprendre une formule utilisée récemment pour lui-même par le conseiller municipal Bernard Barré : quand la perfection est passée, j’étais absent!

Cette mise au point étant faite, tournons la page et revenons à l’essentiel.

Bien entendu, la priorité doit pour l’instant être la prise en charge des sinistrés. Plusieurs de ces gens vivaient déjà bien modestement, pour ne pas dire avec pas grand-chose hormis leur fierté et leur dignité. Il faut donc penser à eux, répondre à leurs besoins de base, les rassurer, les accompagner et les reloger convenablement. Heureusement, la communauté maskoutaine est capable elle aussi du meilleur quand le besoin se fait sentir. Plusieurs organismes ont déjà les deux mains dans la pâte. Cette dernière devrait donc lever facilement, avec notre aide et nos dons.

Les commerçants touchés auront aussi besoin plus que jamais de soutien moral et municipal pour se relocaliser rapidement et conserver leur clientèle. Là aussi, le support ne devrait pas manquer et il est permis d’espérer le meilleur.

Il faudra enfin épauler le propriétaire de la Place Frontenac pour qu’il soit en mesure de prendre les décisions les plus judicieuses quant à la reconstruction.

Le centre-ville n’a pas le luxe d’attendre 15 ans avant qu’il se passe quelque chose de beau sur ce terrain.

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