21 février 2019
Gel du zonage du Projet M
De quoi j’me mêle?
Par: Martin Bourassa

Dans un geste inattendu, voire incompréhensible, la Ville de Saint-Hyacinthe compte modifier de façon unilatérale le zonage des terrains qui devaient servir à la prochaine phase de développement du complexe M du promoteur immobilier Groupe Robin.

Il faut savoir que le zonage actuel permettait essentiellement une vocation commerciale et résidentielle de moyenne densité le long du boulevard Casavant, en bordure de l’autoroute Jean-Lesage. Un endroit de choix.

Il y déjà quelques années, après pas mal de tergiversations, que le conseil municipal avait statué sur le zonage des terrains en question, à la satisfaction du Groupe Robin. Ce dernier en avait profité pour donner naissance à l’ambitieux Complexe M, qui a vu lever de terre des boutiques, des restaurants, des bureaux, un immeuble de prestige, une clinique et une station-service. On ne peut certes pas parler d’un essor désordonné et disgracieux qui réclamerait une intervention urgente et draconienne de nos élus.

C’est pourtant ce qu’ils se préparent à faire en gelant le zonage, ou pour reprendre les mots poétiques du directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, en appliquant un temps d’arrêt au développement du secteur afin de convenir de la vision de développement de ce site avec le promoteur. Y avait-il péril en la demeure?

On raconte que la Ville de Saint-Hyacinthe aurait agi ainsi afin d’empêcher le Groupe Robin de mettre en branle la construction d’une nouvelle station-service en face de celle qui se trouve déjà sur Casavant, près de l’École professionnelle. Est-ce inusité, dans la mesure où il y a déjà une station-service qui peine à répondre à la demande à cet endroit? Permettre l’ajout d’une autre station-service contribuerait-il à défigurer le secteur? Soyons sérieux svp.

En agissant comme elle l’a fait, c’est-à-dire en gelant le zonage pour une période indéterminée, la Ville paralyse et pénalise un promoteur au détriment de tous les autres, dans un marché où la libre concurrence règne habituellement. Plus concrètement, elle met des bâtons dans les roues à Robin et laisse le champ libre à ses compétiteurs, par exemple les Centres d’achats Beauward pour ne pas le nommer. Et dix élus autour de la table du conseil n’ont aucun malaise avec ça, hormis la conseillère Linda Roy qui a voté contre la résolution, considérant que tout cela se faisait un peu pas mal dans le dos du promoteur. Est-ce que la Ville pourrait pousser l’audace jusqu’à un jour imposer un moratoire sur l’ouverture de restaurants dans le secteur nord ou empêcher l’ouverture d’un nouvel hôtel à proximité des Galeries pour favoriser le centre-ville? Gageons qu’elle serait la première à plaider qu’il faut laisser les forces vives du marché et la libre concurrence opérer, en toute indépendance. Dans le cas du Groupe Robin, une telle logique ne semble pourtant pas s’appliquer. Tous les promoteurs sont-ils égaux aux yeux de l’administration municipale? Il est permis d’en douter.

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