5 octobre 2017
Accusé d’attouchements et d’agressions sexuelles
Déclaré coupable, Réjean Trudel meurt trois jours plus tard
Par: Maxime Prévost Durand

Trois jours après avoir été déclaré coupable sur toute la ligne dans une histoire d’attouchements et d’agressions sexuelles remontant aux années 1970 et 1980, le frère Mariste Réjean Trudel, 73 ans, est décédé.

Sa mort est survenue lundi à Rawdon, selon des informations obtenues par LE COURRIER. Il s’agirait d’une mort naturelle et non d’un suicide. Il devait revenir en cour le 11 octobre pour les représentations sur la peine.
Le 29 septembre, soit vendredi dernier, le juge Richard Marleau l’avait reconnu coupable de différentes accusations à connotation sexuelle. Les gestes avaient été posés alors que le frère Trudel œuvrait au sein du Patro Lokal, un lieu de rassemblement et de loisirs pour les adolescents à Saint-Hyacinthe qui servait aussi de centre d’accueil pour des garçons de 14 à 18 ans.
Dans le cadre du procès, pas moins de 11 personnes, dont ses 10 victimes, ont témoigné au cours de sept journées d’audience. Parmi les gestes qu’il avait posés, il était question de plusieurs épisodes d’attouchement, puis de masturbation et de fellation pour certaines d’entre elles.
Réjean Trudel avait réfuté tous les gestes pour lesquels il était accusé lors de son témoignage. Il avait ajouté que les jeunes qu’il accueillait au Patro Lokal étaient « des poqués, des dépendants socio-affectifs et les pires cas de DPJ ». Son témoignage n’a toutefois pas été retenu, peut-on lire dans le jugement, étoffé sur 40 pages.
Un autre frère coupable
Un autre frère Mariste qui œuvrait au sein du Patro Lokal, Daniel Cournoyer, 71 ans, a aussi été trouvé coupable d’un chef d’attentat à la pudeur (selon l’appellation du Code criminel de l’époque) par le juge Marc-Nicolas Foucault. Il a été acquitté sur un second chef d’accusation.
Dans son cas, deux victimes s’étaient manifestées et ont témoigné dans le cadre de son procès. La version de l’un d’eux a été rejetée en raison de certaines contradictions relevées par le juge Foucault. Le témoignage de la seconde victime a toutefois convaincu le magistrat que les faits se sont bel et bien déroulés.
Daniel Cournoyer doit revenir en cour le 16 octobre pour les représentations sur la peine.
En parallèle, la demande de recours collectif visant la congrégation des Frères Maristes et cinq de ses membres a été acceptée en août par la juge France Dulude en Cour supérieure.

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