1 novembre 2018
Fermeture de l’usine Agropur de Saint-Damase
Des citoyens interpellent la haute direction
Par: Jean-Luc Lorry
La fermeture annoncée de l’usine Agropur de Saint-Damase a incité des citoyens à partager leur perception.

La fermeture annoncée de l’usine Agropur de Saint-Damase a incité des citoyens à partager leur perception.

Un groupe de consommateurs a pris la plume pour dénoncer la fermeture en avril 2019 de la fromagerie de Saint-Damase, propriété de la coopérative laitière Agropur.

Une lettre signée par 28 personnes, dont la plupart résident à Saint-Hyacinthe a été envoyée au président du conseil d’administration d’Agropur, René Moreau, et au chef de la direction, Robert Coallier.

Pathologiste à la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe, Sonia Chénier a pris l’initiative de faire valoir son mécontentement en écrivant une lettre. Dans sa démarche, elle est soutenue par son conjoint, le réalisateur maskoutain Marc Bisaillon.

« On s’attend d’une coopérative qui appartient aux producteurs laitiers du Québec qu’elle fasse preuve de vision sans se comporter comme une entreprise privée », a expliqué Mme Chénier, en entrevue au COURRIER.

« Nous souhaitons que vous reconsidériez la portée de vos actions et la réelle signification des valeurs de solidarité que vous professez. Car les consommateurs ont aussi le choix de se désolidariser de vous », peut-on lire dans cette lettre publiée intégralement dans nos pages Forum.

Mme Chénier s’inquiète aussi pour les producteurs de lait de chèvre qui ne pourront plus vendre leur production à l’usine de Saint-Damase. « Comme Agropur était l’un des plus gros acheteurs de lait de chèvre québécois, vous condamnez ainsi à une mort certaine de nombreuses petites fermes qui font vivre nos régions », dénonce la lettre.

La candidate qui représentait Québec solidaire dans le comté, Marijo Demers, fait partie des signataires.

« Mon choix de consommatrice était d’encourager la fromagerie de Saint-Damase en achetant leurs produits plutôt que d’autres fromages en épicerie », mentionne Mme Demers.

Celle-ci croit qu’il ne sera pas facile aux employés cumulant de nombreuses années d’ancienneté de se trouver facilement un emploi similaire.

Les installations de Saint-Damase comptent 110 employés, dont 100 travailleurs syndiqués. Agropur a motivé sa décision de fermer son usine par l’impossibilité de s’entendre sur les termes d’un nouveau contrat de travail.

Marijo Demers, qui enseigne les sciences politiques au Cégep de Saint-Hyacinthe, constate avec regret que les consolidations se multiplient dans le secteur de la transformation alimentaire.

« Un petit joueur a de plus en plus de difficulté à vendre ses produits face aux géants du secteur », estime-t-elle.

Les signataires espèrent maintenant recevoir une réponse de la haute direction d’Agropur. « Je crois que les entreprises doivent expliquer leurs décisions lorsque celles-ci sont dommageables pour la collectivité », estime Sonia Chénier.

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