8 novembre 2018
Bernard Landry, 1937-2018
Des hommages à un grand homme d’État
Par: Benoît Lapierre
Des hommages à un grand homme d’État

Des hommages à un grand homme d’État

Bernard Landry

Bernard Landry

Bernard Landry en compagnie de Léandre Dion. Photothèque | Le Courrier ©

Bernard Landry en compagnie de Léandre Dion. Photothèque | Le Courrier ©

Décédé mardi à l’âge de 81 ans, Bernard Landry,chef du Parti québécois de 2001 à 2005 et premier ministre du Québec de 2001 à 2003, s’était gagné l’admiration des acteurs politiques de la région qui l’ont côtoyé durant sa carrière, et même avant.

Parmi eux se trouve bien sûr Léandre Dion, député péquiste de Saint-Hyacinthe de 1994 à 2007. « D’apprendre sa mort, ça m’a donné un coup. Je dirais que c’est l’un des décès qui m’ont le plus marqué, même si je savais qu’il était très malade et qu’il n’en avait plus pour longtemps. Nous nous connaissions très bien. J’avais d’abord étudié avec Bernard au collège de Joliette durant quatre ans. C’était quelqu’un de très populaire qui avait toujours un aréopage d’élèves autour de lui. Je suis convaincu qu’à cette époque, il était déjà souverainiste, comme je l’ai toujours été moi-même. À 17 ans, c’était pour moi une question réglée. J’ai toujours été convaincu que nous étions, les Québécois, des colons dans une colonie », a confié Léandre Dion.

Né en 1937 comme Bernard Landry, M. Dion a été élu dans Saint-Hyacinthe au moment où M. Landry devenait, en 1994, le nouveau député de Verchères, lui qui avait d’abord été élu dans Fabre (1976) et Laval-des-Rapides (1981).

« Dans le gouvernement de René Lévesque, qui était une grosse équipe, il a été appelé vers des tâches beaucoup plus en vue que les miennes, comme celle de ministre du Commerce extérieur. Quand on se croisait, on avait moins le temps de jaser », raconte-t-il.

M. Dion se souviendra toujours de Bernard Landry comme d’un homme chaleureux, honnête et très franc. « J’ai une grande admiration pour cet homme qui était profondément humain, ce qui ne paraissait pas nécessairement à travers les tâches très importantes qu’il devait remplir. Il était un politicien d’une grande intelligence, qui a étudié durant toute sa vie. »

Émilien Pelletier, député péquiste de Saint-Hyacinthe de 2008 à 2014, s’est dit aussi très peiné par la disparition de Bernard Landry, qu’il a eu l’occasion de rencontrer souvent, notamment à Saint-Hyacinthe. « C’est quelqu’un qui m’a toujours influencé dans mes décisions. Avant de me présenter dans Saint-Hyacinthe, je l’avais consulté et il m’avait répondu : “Tu es un homme de conviction, un homme qui croit en l’indépendance, n’hésite pas un instant à t’engager.” C’était un gars convaincu et convaincant, avec un grand talent d’orateur, qui nous amenait toujours plus loin dans la réflexion. Il a occupé à peu près toutes les fonctions économiques et avait extrêmement confiance dans la capacité des Québécois à se développer. »

M. Pelletier souligne que Bernard Landry a laissé sa marque à travers diverses réalisations, étant notamment l’initiateur de la Paix des Braves de 2002, favorisant le développement du Grand Nord. « Mais il avait horreur de la division du vote souverainiste parce que ça ne fait qu’éloigner du but. »

Homme d’État

L’ancien maire de Sainte-Marie-Madeleine, Simon Lacombe, en est un autre qui vouait une grande admiration à Bernard Landry. Il avoue avoir été ébranlé en apprenant son décès. « C’est bien de valeur. Je n’en ai presque pas dormi de la nuit. Bernard Landry, c’est quelqu’un que j’ai très bien connu et que je n’oublierai jamais. C’était vraiment un homme d’État », a-t-il commenté.

Il avait fait la connaissance de M. Landry en 1994, peu avant son élection comme député de Verchères, la circonscription à laquelle appartenait alors Sainte-Marie-Madeleine.

 « Il était venu nous rencontrer chez nous, et si je me souviens bien, c’est là que j’ai pris ma carte du parti. M. Landry a fait beaucoup pour la municipalité, on a réalisé plusieurs projets avec lui. »

M. Lacombe se souviendra de Bernard Landry comme d’un politicien affable qui prenait soin de son monde. Il se souvient qu’une fois par année, le député organisait un grand pique-nique à sa maison de Verchères auquel il était toujours invité. « Il était aussi venu manger chez moi, et une fois avec Lucien Bouchard », s’est-il remémoré.

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