18 décembre 2014
Direction générale du Cégep
Des rencontres de travail fréquentes au restaurant
Par: Jennifer Blanchette
Situé à proximité du Cégep, le Club de golf semi-privé de Saint-Hyacinthe est un endroit prisé par le directeur général du Cégep, Roger Sylvestre. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Situé à proximité du Cégep, le Club de golf semi-privé de Saint-Hyacinthe est un endroit prisé par le directeur général du Cégep, Roger Sylvestre. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le Cégep de Saint-Hyacinthe fait tourner l’économie de la restauration à Saint-Hyacinthe. Entre août 2007 et février 2014, le directeur général de l’établissement a fait environ 300 réclamations en frais de repas et participé à plus de 200 réunions de travail dans cinq restaurants maskoutains.

Selon des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, 23 652 $ ont été portés aux comptes ouverts du Cégep dans cinq restaurants de Saint-Hyacinthe pour les 209 rencontres de travail auxquelles a pris part le directeur général de l’établissement, Roger Sylvestre, entre août 2007 et février 2014.

Selon les calculs du COURRIER, ces rencontres ont rapporté 2 794 $ à l’Hôtel des Seigneurs, 7 292 $ au Club de golf St-Hyacinthe, 1 808 $ au Parvis, 5 548 $ chez Pépé et 6 102 $ au restaurant Vatel opéré par le Cégep de Saint-Hyacinthe.

Bien que seul Roger Sylvestre soit autorisé à facturer sur les comptes au nom du Cégep, les services de la Formation continue et des Ressources humaines y ont eu recours à quelques reprises pour un montant total de 3 984 $.

En plus des comptes ouverts, le directeur général du Cégep s’est fait rembourser, pour lui et ses invités, 19 700 $ en 311 réclamations liées à la restauration au cours de la même période par le biais de ses comptes de dépenses. Ceux-ci sont soumis à l’approbation du président du conseil d’administration du Cégep, contrairement aux comptes ouverts qui filent directement entre les mains des services administratifs du Cégep.

De ces 311 réclamations, un peu moins de la moitié semblent être en lien avec des rencontres s’étant déroulées dans la région puisqu’aucuns frais de kilométrage n’y sont associés. Roger Sylvestre reçoit plutôt une allocation pour ses déplacements locaux chaque mois.

Les endroits ne sont pas identifiés dans les comptes de dépenses remis par le Cégep, mais d’après la directrice des communications, Véronique Blain, ce sont les repas consommés dans des restaurants où l’établissement n’a pas de comptes ouverts qui se retrouvent dans les réclamations du directeur général.

En mai 2008, LE COURRIER rapportait que Roger Sylvestre, en poste depuis moins d’un an à l’époque, était tenu d’inscrire sur son compte de dépenses les repas facturés sur les comptes ouverts. Or, les dates et les montants des repas apparaissant dans les deux documents ne coïncident pas.

Cette mise en commun démontre toutefois que M. Sylvestre a mangé au restaurant deux fois par jour à une vingtaine de reprises entre 2007 et 2014.

Le journal révélait en mai 2008 que l’ex-directeur général, Jean Barbeau, avait mangé pour 34 400 $ au cours de ses trois années à la tête du Cégep. Il avait également acheté et réclamé pour 3 000 $ d’alcool.

Longues réunions

En excluant les repas pris sur la route, ce sont donc près de 350 réunions auxquelles a participé Roger Sylvestre qui ont nécessité une dépense en restauration, et ce, même si le Cégep possède diverses salles de réunions dont l’une rénovée à grands frais en 2006.

« Les réunions de travail ont lieu au Cégep, mais il arrive qu’elles se poursuivent sur l’heure du dîner », a justifié Roger Sylvestre, en ajoutant qu’en plus de posséder trop peu de salles de rencontres au Cégep, celles-ci sont souvent occupées par des tiers.

De son côté, la directrice des communications du Cégep a rappelé que M. Sylvestre était le principal responsable de la représentation du collège tant à Saint-Hyacinthe qu’à l’extérieur et qu’en raison de son horaire chargé, il n’était pas rare que l’heure du repas soit la seule case horaire disponible pour des rencontres.

Elle a aussi fait remarquer que certaines rencontres devaient parfois se dérouler au restaurant par souci de discrétion.

« Il faut noter que même si les effectifs du Cégep ne cessent de croître, les dépenses du directeur général sont en baisse depuis deux ans », a souligné Véronique Blain.

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