31 janvier 2019
Bureau du MAPAQ à Saint-Hyacinthe
Des sanctions contre des agronomes
Par: Le Courrier

En poste à Saint-Hyacinthe, l’agronome Louis Robert a été congédié par le MAPAQ pour avoir fourni des renseignements confidentiels à Radio-Canada. Photothèque Le Courrier

Selon Radio-Canada, trois agronomes du bureau régional du ministère de l’Agriculture de Saint-Hyacinthe ont été sanctionnés au cours des derniers jours pour avoir transmis de l’information confidentielle et parlé aux médias sans autorisation.

L’agronome Louis Robert, présenté comme un lanceur d’alerte pour avoir dénoncé l’ingérence du secteur privé dans la recherche publique sur les pesticides, aurait été congédié le 24 janvier avec la bénédiction du ministre caquiste de l’agriculture, André Lamontagne. Ce dernier a d’ailleurs confirmé l’information.

Il appert que deux autres agronomes auraient été suspendus sans salaire, pour des périodes variant entre 3 et 5 jours, pour des motifs similaires. Ces trois fonctionnaires étaient actifs sur le territoire de la Montérégie.

Les trois conseillers concernés entendent contester ces sanctions. Ils comptent d’ailleurs sur l’appui moral de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Rouville qui n’a pas hésité à interpeller le ministre Lamontagne au sujet de cette affaire. L’Association des conseillers en agroenvironnement du Québec a aussi pris position en faveur des agronomes.

Cette dernière n’avait pas hésité à dénoncer le fait que le Québec a perdu le contrôle des pesticides lors d’une sortie publique en novembre 2015.

« Les entreprises agricoles désirant obtenir des conseils neutres sur l’utilisation des pesticides peuvent soit se payer des conseils délivrés par des agronomes non liés comme ceux des clubs-conseils, et possiblement faire subventionner une partie des coûts via le Programme services-conseils en agroenvironnement du MAPAQ, ou consulter directement les représentants de l’industrie des pesticides qui offrent des conseils gratuitement sur les produits mis en marché par la compagnie qu’ils représentent », déplorait l’association par voie de communiqué.

Les gestes reprochés aux trois agronomes auraient été commis en 2017 et 2018.

image