5 octobre 2017
Fermeture de l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe
Difficile retour à la maison pour 133 employés
Par: Jean-Luc Lorry
Au matin du vendredi 29 septembre, jour de la cessation des opérations de désossage de fesses de porcs à l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe, l’ensemble des employés mis à pied avait déjà déserté les lieux.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Au matin du vendredi 29 septembre, jour de la cessation des opérations de désossage de fesses de porcs à l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe, l’ensemble des employés mis à pied avait déjà déserté les lieux. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’arrêt vendredi dernier des opérations de désossage de fesses de porc à l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe laisse un goût amer aux 133 employés qui ont salué une dernière fois leurs collègues de travail.

« Les employés ont quitté définitivement l’usine aux alentours de 9 h ce matin. J’ai davantage ressenti de la résignation que de l’amertume envers l’employeur », a indiqué en entrevue au COURRIER, Yves Dupont, conseiller au syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) local 1991.

« C’est triste de voir cette usine fermée puisque les gens possédaient une bonne formation. La moyenne d’ancienneté était d’environ 25 ans. La direction a pris la décision d’intégrer le désossage de fesses de porc dans une méga-usine et cela touche 400 familles d’ici », a-t-il poursuivi.

En août 2016, la direction d’Olymel avait annoncé qu’elle cesserait ses activités de désossage au début de l’automne 2017.
Pour limiter le nombre de licenciements, un plan de relocalisation et un comité de reclassement avaient été mis en place.
Le plan de relocalisation qui demeure en vigueur jusqu’en novembre permet aux employés concernés par cette fermeture de postuler dans l’un des établissements d’Olymel situé dans un périmètre de 70 km de Saint-Hyacinthe.
« Depuis l’annonce de cette fermeture, le deuil a été long. Les travailleurs ont vu partir leurs collègues graduellement. Les gens encaissent le coup difficilement… », a observé M. Dupont.

Avant de s’impliquer syndicalement, Yves Dupont a travaillé quelques années dans cette usine qui a commencé ses opérations en 1968.

Yves Dupont croit que les travailleurs licenciés trouveront rapidement un emploi. « Les gens vont probablement postuler chez Olymel pour conserver leurs semaines de vacances accumulées ainsi que leur salaire. En plus, ce n’est pas l’ouvrage manufacturier qui manque dans la région. »

Dernier décompte

Le dernier décompte effectué par la direction d’Olymel fait état de 160 travailleurs relocalisés et de 109 employés qui ont bénéficié de l’aide du comité de reclassement (nouvel emploi chez un autre employeur, retour aux études ou suivi d’une formation, départ à la retraite). Ce comité restera actif jusqu’au 31 décembre.

L’usine de la rue Saint-Jacques ne sera pas déserte puisque le géant de l’agroalimentaire conservera ses opérations de fondoir (fabrication de saindoux) et y implantera des activités d’entreposage et de distribution de produits congelés.
Ainsi, Olymel conservera 65 postes à cette usine qui procurait un emploi à 402 personnes uniquement pour du désossage de fesses de porc.

Le travail des employés qui resteront dans l’établissement de Saint-Hyacinthe sera régi par une nouvelle convention collective d’une durée de huit ans dont les termes ont été entérinés au printemps. 

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