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Dommages aux infrastructures souterraines au Québec : nous sommes tous concernés
1 mai 2014

Dommages aux infrastructures souterraines au Québec : nous sommes tous concernés

Dans son récent rapport sur les dommages aux infrastructures souterraines, Info-Excavation, l’alliance pour la protection des infrastructures souterraines, fait état de plus de cinq bris par jour ouvrable en 2013 au Québec. Les coûts directs pour ces bris sont évalués à plus de 7 millions de dollars.

Pour le Québec, dans 33 % des cas de bris, aucune demande de localisation de réseaux souterrains n’avait été soumise au centre Info-Excavation, un guichet unique disponible 7 jours, 24 heures par jour, qui fournit gratuitement de l’information sur la nature et l’emplacement des installations souterraines.

En outre, dans 35 % des cas, le déploiement des services d’urgence des municipalités a été nécessaire et dans 83 % des cas, une interruption de service a eu lieu. Ce constat est assez alarmant compte tenu des coûts engendrés. Notons également que pour 89 % des cas, une rétrocaveuse était en cause. Il n’y a rien d’étonnant à ce que les bris se situent principalement dans les régions les plus populeuses du Québec soit Montréal et la Montérégie : les activités et les infrastructures souterraines sont plus nombreuses, ce qui augmente les risques de bris. En 2013 en Montérégie, on a comptabilisé 240 bris. Pour 18 % de la population elle représente 19 % du total des bris pour le Québec. Et ces bris sont occasionnés dans une grande partie (44 %) lors de travaux d’égouts, d’aqueducs, de rues et de routes. Également, 56,6 % des bris sont attribuables à des pratiques d’excavation déficientes, comparable à la moyenne provinciale. Ce taux est élevé et les risques associés pour la sécurité des travailleurs et des citoyens sont évidents.

Coûts indirects

Selon le rapport de recherche du CIRANO, « Évaluation des coûts socio-économiques reliés aux bris d’infrastructures souterraines au Québec », les coûts indirects des bris se sont chiffrés à plus de 70 millions de dollars en 2013. Quoique rarement pris en considération, ces coûts sont extrêmement diversifiés et leur évaluation permet d’en saisir toute l’importance dans l’équation.

Les coûts indirects sont, pour la plupart, assumés par la société : interruption du service aux usagers, déploiement des services d’urgence, évacuation des résidents et des commerces, risques de blessures ou de décès pour les travailleurs, perturbation de la circulation routière, frais administratifs ou légaux, retards dans l’exécution des travaux, etc. À cette facture s’ajoutent les coûts liés aux impacts environnementaux (bruit, vibrations, pollution en tous genres) et les coûts relatifs aux impacts économiques (perte de chiffre d’affaires, absentéisme et retard au travail, etc). L’évaluation reposant sur des données provenant d’un recensement des bris effectué sur une base volontaire, le coût total réel est sans aucun doute plus important.

Causes des bris

Sous terre se retrouve un vaste réseau caché de conduits et de câbles acheminant des produits et des services essentiels à la société : câbles de télécommunications, câbles électriques, conduites de gaz, égouts, canalisations d’eau, canaux d’évacuation des eaux pluviales, oléoducs, transport, etc.

L’enfouissement peu profond de plusieurs de ces types de réseaux souterrains (entre 0,5 m et 1,5 m) amène, lors de travaux de réparation et de réhabilitation, un grand risque d’accident. Pour le Québec, une proportion de 57 % des bris est attribuable à des lacunes dans les pratiques d’excavation (ex. : non-utilisation de techniques d’excavation douces près de l’infrastructure souterraine). C’est pourquoi il convient d’insister sur l’importance de faire preuve de vigilance durant toute la période des travaux. Les pratiques d’excavation déficientes sont responsables de 71 % des bris qui surviennent lors de travaux routiers et d’égouts/aqueduc et de 85 % des bris qui surviennent lors de l’utilisation d’une rétrocaveuse. Ces estimations économiques montrent l’importance que revêt la prévention et la nécessité de la collaboration de chacun des intervenants. Pour les entreprises, il est important de mettre l’accent sur des formations et la connaissance des bonnes pratiques. Pour les propriétaires d’infrastructures, la déclaration et la mise à jour de la localisation de leurs réseaux auprès d’Info-Excavation est essentielle. Enfin, il est primordial de faire une demande de localisation auprès d’Info-Excavation avant d’entreprendre tous travaux d’excavation et les donneurs d’ouvrage ont un rôle important dans l’application de cette consigne. D’ailleurs, le code de sécurité pour les travaux de construction au Québec, règlement 3.15.1, l’exige.

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