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Mitsubishi Galant : ne tirez pas

Marc Bouchard


 

Photos : Mitsubishi

 
 

Photos : Mitsubishi

 
 

Photos : Mitsubishi

 
Certaines voitures ont mauvaise presse. Il suffit de mentionner leur nom et bang, journalistes et amateurs se chargent de tirer à boulet rouge sur le pauvre véhicule. Des tirs qui sont parfois mérités, parfois un peu moins. C’est exactement le sort que doit subir quotidiennement la Mitsubishi Galant.

Non pas qu’elle ne mérite pas parfois quelques petits boulets ici et là, mais avec un minimum d’attention, on parvient à lui trouver quelques qualités dignes de mention. L’esthétisme n’est cependant pas du nombre. Il faut avouer qu’en matière de silhouette anonyme, la Galant remporte certainement la palme. On a bien essayé cependant, en jouant par exemple avec les blocs optiques, leur donnant une forme plutôt carrée mais en y incrustant des formes ovales pour les phares. L’ensemble donne plus l’impression d’équiper une vieille Hot Wheels de mon enfance plutôt qu’une berline intermédiaire sérieuse. Les lignes de la Galant sont en général sans charme et sans style, se contentant de mélanger allègrement des allures de Nissan, et d’une quelconque américaine. Bref, vivement la version Ralliart dotée de quelques éléments aérodynamiques supplémentaires, mais qui ne verra le jour qu’en 2007 seulement. Heureusement, on a joué davantage d’imagination à l’intérieur, créant un tableau de bord plus dynamique. Les cadrans sur fond blanc, sont aisément lisibles, et le volant, qui se prend en main facilement, abrite aussi quelques surprises comme les boutons de contrôle du système audio au bout des doigts. La trouvaille cependant, c’est un petit écran à cristaux liquides installé en plein centre de la console et qui regroupe toutes les informations nécessaires (ou non...) à la conduite. Il affichera donc tour à tour des informations sur la distance parcourue, la consommation moyenne, la température extérieure, le système audio, ou tout autre message que la voiture veut vous adresser. Un petit système complet, dont les boutons ne sont pas intuitifs à manoeuvrer mais que l’on finit par utiliser avec aisance. Dans l’habitacle, l’espace est suffisant à l’arrière comme à l’avant. Les sièges, de cuir sur notre version GLS, sont confortables au premier abord, mais réservent quelques surprises. Ils deviennent rapidement inconfortables pour de longues randonnées, en raison par exemple d’un support lombaire trop proéminent et drôlement situé, peu importe votre taille.

Randonnée sans surprise

Au volant, la Galant joue à merveille son rôle de berline polyvalente. Son moteur V6 de 230 chevaux a beau ne pas être de toute dernière technologie, il remplit son mandat, entraînant la lourde voiture sans trop d’hésitation. Il est vrai que la transmission automatique a parfois quelques ratés, tardant à enclencher le rapport supérieur en accélération vive mais cela ne vous empêchera pas d’atteindre votre vitesse de croisière sans trop de difficultés. La direction est un tantinet floue au centre de la trajectoire (c’est-à-dire qu’il faut constamment corriger la position du volant lorsqu’on se dirige en ligne droite), mais est assez précise pour nous permettre d’aborder quelques trajectoires plus sinueuses. Les suspensions en revanche, sont un peu plus rétives, et ont tendance à exagérer le transfert de poids à la fois en virage, et à la fois en freinage vif. Le résultat est évident : en virage, la voiture présentera un roulis exagéré, alors qu’en freinage, elle plongera du nez de façon marquée. Petit bémol aussi, le rayon de braquage de la Galant est, pour le moins, gigantesque, et se compare à celui d’une grosse camionnette de type pick-up. Un inconvénient léger en usage normal, mais que vous trouverez sérieusement handicapant lorsque vous tenterez de faire un stationnement parallèle sur l’heure de pointe en plein centre-ville de Montréal! Une fois tous ces commentaires émis, il faut savoir que l’expérience n’est pas si terrible. Au contraire, certains invités ont davantage apprécié leur randonnée en Galant que celle effectuée dans des voitures beaucoup plus dispendieuses. La finition n’est pas parfaite, la mécanique vieillotte et la suspension un peu trop molle, mais l’amalgame de tous ces facteurs rend la Galant tout de même sympathique, et lui permet de remplir sa mission sans coup férir. Non, le véritable handicap de la Galant, c’est son prix... et ses compétiteurs. Par sa puissance, sa taille et son prix de vente, elle se mesure aux grosses pointures que sont la Honda Accord et la Mazda 6. Même chez les américaines, la Ford Fusion est nettement mieux adaptée. En fait, la Galant n’a pour elle que sa garantie. Mais elle a surtout un grand besoin d’être remodelée.

Forces :

- Espace intérieur vaste - Équipement abondant - Tableau de bord ergonomique

Faiblesses :

- Finition perfectible - Roulis exagéré - Rayon de braquage gigantesque

Fiche technique :

Moteur : V6 de 3,8 litres Puissance en ch : 230 @ 5 250 rpm Couple en lb-pi : 250 @ 4 000 rpm Transmission : automatique 4 rapports Freins à disques : 4 roues ABS Traction : avant Poids à vide : 1 655 kg Pneus : 215/55VR17 7 Carburant : super sans plomb Consommation : 8 l/100km (autoroute) et 12,8 l/100km (ville) Prix : de 23 998 $ à 33 798 $

 
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