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Leur Lévesque

Carte blanche


Jeudi soir dernier, en zappant, je suis tombé par hasard sur le premier épisode de la série sur René Lévesque. Je n’ai pas tellement aimé ce que j’ai vu.

D’abord parce que c’était en anglais. Je sais, je sais. C’est normal puisque la série a été produite par le réseau anglais de Radio-Canada. C’est normal qu’il la diffuse une semaine avant la version française qui sera présentée demain, jeudi. Ce qui n’est pas normal, cependant, c’est que ce ne soit pas le réseau français qui l’ait produite. C’est bizarre d’entendre René Lévesque discuter avec Doris Lussier ou Johnny Rougeau dans la langue de Shakespeare et de Stephen Harper. Surtout quand on sait qu’ils ne l’ont probablement jamais fait. C’est niaiseux, mais ça m’a comme... indisposé. Autre chose que je n’ai pas aimée, justement, c’est l’importance que l’on accorde à des personnages comme le populaire lutteur qui devient son chauffeur ou encore le Père Gédéon qui joue son présentateur : des intervenants marginaux dans la carrière du politicien. Comme si on avait voulu donner un caractère anecdotique, quasi folklorique au cheminement de celui qui allait devenir le plus grand premier ministre du Québec. Même chose pour l’insistance que l’on met sur ses baises extraconjugales. Ben oui! Lévesque pognait avec les femmes : ce n’est pas une raison pour farcir le scénario de ses frasques. En quoi cela vient nous aider à mieux comprendre l’influence qu’il a eue sur l’histoire du Québec? À moins que l’on veuille subtilement déboulonner l’icône de l’un de nos rares héros? J’ai comme l’impression que les scénaristes ont sélectionné dans sa biographie des passages visuellement croustillants, mais qui ne révèlent pas la véritable stature de l’homme d’État. Il est interprété par Emmanuel Bilodeau, un jeune comédien qui fait bien son possible, mais qui est à mille lieux de transmettre l’intelligence et le charisme de celui dont les discours pouvaient galvaniser les foules. Et mener un peuple au seuil de l’indépendance. En fait, ce n’est sûrement pas « leur » René Lévesque qui a inspiré les carrières de nos deux députés, Léandre Dion et Yvan Loubier. C’est un autre. Le vrai. Celui dont on s’ennuie... encore.

 
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