Édition du
 
 
Votre opinion
 
Commentaires radio
 
Le Courrier
Historique
Informations générales
Pour nous contacter
 
  Plan du site   Annonces classées   Archives   Météo
 
 

Enquête publique sur le C. difficile
Des appuis à Anne Vibien

Rédaction


 

Photo Patrick Roger, Le Courrier ©
Luc Pellerin, chef d'équipe de la prévention des infections à l'hôpital Honoré-Mercier, s'apprête à témoigner devant la coroner Catherine Rudel-Tessier.

 
Mercredi dernier, au troisième jour de l'enquête publique sur l'éclosion de la bactérie C. difficile qui a fait 16 décès à l'hôpital Honoré-Mercier, Luc Pellerin, chef d'équipe du département de prévention des infections est venu appuyer sa consœur de travail, la microbiologiste Anne Vibien.

La veille, la docteure Vibien avait encensé le directeur général par intérim du Centre de santé et des services sociaux Richelieu-Yamaska Mario Larivière au détriment de son prédécesseur Denis Blanchard. La raison de ses critiques envers la précédente direction était l'absence de réponses suite aux nombreuses réclamations en matière de désinfection du matériel de soin. Le décès de Marie-Andrée Dorion, 59 ans, le 25 septembre 2006, est l'événement qui a mis en alerte l'équipe de prévention et contrôle des infections. « C'est le décès de cette patiente plutôt jeune qui a allumé la lumière rouge et qui a beaucoup inquiété la docteure Vibien », a indiqué Luc Pellerin. Ce dernier est l'auteur du rapport accablant déposé au conseil d'administration de l'hôpital le 18 octobre 2006 et qui faisait état de plusieurs manquements dans les mesures d'hygiène et d'entretien ménager. Un rapport rédigé suite à une tournée des différents services de l'établissement effectuée au retour de vacances de M. Pellerin début octobre. Lors de son témoignage, il a aussi été question de la « fameuse » chambre située au 8e étage, évoquée dans le rapport, où trois patients décédés de la bactérie auraient séjourné dans le même lit. « Après vérification de la chronologie des événements par la direction de la Santé publique, il s'est avéré que cette hypothèse n'était pas valable. »

Des régistres d'entretien inexistants

Luc Pellerin est revenu aussi sur le fait que les chambres d'isolement n'étaient pas désinfectées les fins de semaine et les jours fériés. « C'est un problème récurrent, a-t-il dit. Les bactéries et les virus ne sont pas en congé eux pendant les jours fériés. » Avant l'éclosion survenue début septembre, Luc Pellerin a indiqué qu'il n'existait aucun registre d'entretien et que c'était plus « des initiatives personnelles ». « Il existe une grosse pression sur le département salubrité pour libérer le plus vite possible des chambres et faire monter dans les étages les patients de l'urgence. » Concernant l'utilisation de bassins sanitaires réutilisables au détriment des bassins jetables à usage unique plus sécuritaires, Luc Pellerin a souligné que l'argument financier était plus important que la sécurité des patients.

Avoir une approche militaire

Plus tôt dans la journée, Michel Poisson, un microbiologiste-infectiologue de l'Hôtel-Dieu de Montréal qui agit en tant qu'expert dans l'enquête, avait validé fermement le travail incontournable de l'équipe de prévention et contrôle des infections. « La seule façon de maîtriser le C. difficile est de contrôler l'environnement avec une approche quasi militaire. Et je soutiens dans ce sens, le témoignage du docteure Vibien. J'ai constaté dans ses propos que ses demandes auprès de la direction de l'établissement restaient souvent lettres mortes. Alors que dans ce cas, on s'attend à une collaboration. Je considère que les patients ont été les témoins malheureux de cette situation et certains en ont payé de leur vie », a déclaré Michel Poisson à la coroner Catherine Rudel-Tessier. « On a tendance à couper dans les postes d'entretien et de ménage mais ce n'est pas là qu'il faut couper. C'est comme se tirer dans le pied », a-t-il poursuivi. Le docteur Poisson a également évoqué l'attention particulière qu'il faut porter à la désinfection des bassins sanitaires. « Les bassins de lit sont le vecteur principal dans la propagation des bactéries. S'ils sont mal stérilisés, c'est sûr que l'on a un problème majeur. »

 
Retour 
 
 
 
 
 
 
   
  © 2005 - DBC Communications inc.  -  Tous droits réservés  -  info@lecourrier.qc.ca