16 février 2012
Êtes-vous climato-sceptique?
Par: Le Courrier

Une personne « sceptique » base son jugement sur la rationalité scientifique. Mais dans l’expression « climato-sceptique », le sens de ce mot s’inverse. Un climato-sceptique est une personne qui n’est pas convaincue qu’il y a un réchauffement climatique ou que celui-ci est dû aux activités humaines. Cette personne ne sera donc pas portée à changer ses comportements polluants. Or, justement, pour éviter que le climat ne change dangereusement, il faudrait que nous soyons très nombreux à abandonner nos habitudes polluantes. Ce n’est déjà pas facile à faire et le mouvement climato-sceptique nuit à cette prise de conscience collective.

Une personne « sceptique » base son jugement sur la rationalité scientifique. Mais dans l’expression « climato-sceptique », le sens de ce mot s’inverse. Un climato-sceptique est une personne qui n’est pas convaincue qu’il y a un réchauffement climatique ou que celui-ci est dû aux activités humaines. Cette personne ne sera donc pas portée à changer ses comportements polluants. Or, justement, pour éviter que le climat ne change dangereusement, il faudrait que nous soyons très nombreux à abandonner nos habitudes polluantes. Ce n’est déjà pas facile à faire et le mouvement climato-sceptique nuit à cette prise de conscience collective.

Les climato-sceptiques remettent en question le quasi consensus des experts du climat. Quand on parle de consensus, dans ce cas, il ne s’agit pas de gens qui se mettent d’accord en jasant autour d’une bière. Il s’agit de preuves multiples et indépendantes qui appuient la même conclusion : les activit��s humaines, qui génèrent des gaz à effet de serre (GES) et empêchent leur captation (p. ex. à cause du déboisement), réchauffent le climat terrestre. Comme l’écrit John Cook (skepticalscience.com), on entend souvent parler de scientifiques qui se disent sceptiques quant à l’origine humaine du réchauffement global. Mais très peu d’entre eux sont impliqués dans la recherche sur le climat. Il y a des chercheurs en médecine, des zoologistes, des physiciens et des ingénieurs. Sauf que les vrais experts du climat sont les climatologues. Or, plus de 97 % d’entre eux sont convaincus que les humains modifient la température globale; sur les 928 articles scientifiques avec comité de lecture publiés entre 1993 et 2003 sur le sujet du changement climatique mondial, pas un seul ne rejetait cette idée. Au Canada, les climato-sceptiques ne sont pas majoritaires. Selon un sondage Gallup réalisé en 2010, 72 % des répondants canadiens croient que le réchauffement climatique est d’origine humaine, du moins en partie. La mauvaise nouvelle, c’est que les répondants des États-Unis ne sont que 48 % à le croire alors qu’en 2007, 60 % le croyaient. Selon Anthony Leiserowitz, professeur à l’Université de Yale, le fait que les médias parlent moins du réchauffement climatique et que les idées climato-sceptiques continuent d’être propagées par des lobbies politiques n’aide pas à convaincre les citoyens que le climat se réchauffe et qu’il faut agir. Il y a aussi les événements météo extrêmes, comme des tempêtes de neige surprises en Floride, qui feraient plutôt croire aux gens que le climat se refroidit. Mais pendant que les climato-sceptiques ont encore besoin d’être con-fon-dus, un débat crucial est remis à plus tard : qu’allons-nous faire pour empêcher le réchauffement du climat? Pour en savoir plus :www.ipcc.chwww.yaleclimatemediaforum.org-30-

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