12 octobre 2017
Faire campagne aux frais de la Ville
Par: Rémi Léonard
Quelques élus à une activité caritative des Amis du Crépuscule en avril 2015. On sait maintenant que la Ville paie le billet des élus pour ce genre de participation, même en temps d’élections.   Photo publiée sur le compte Facebook de Chantal Soucy

Quelques élus à une activité caritative des Amis du Crépuscule en avril 2015. On sait maintenant que la Ville paie le billet des élus pour ce genre de participation, même en temps d’élections. Photo publiée sur le compte Facebook de Chantal Soucy

Quelques élus à une activité caritative des Amis du Crépuscule en avril 2015. On sait maintenant que la Ville paie le billet des élus pour ce genre de participation, même en temps d’élections.   Photo publiée sur le compte Facebook de Chantal Soucy

Quelques élus à une activité caritative des Amis du Crépuscule en avril 2015. On sait maintenant que la Ville paie le billet des élus pour ce genre de participation, même en temps d’élections. Photo publiée sur le compte Facebook de Chantal Soucy

Les candidats sortants aux prochaines élections municipales pourront participer à des activités publiques durant la campagne électorale, et ce, aux frais de la municipalité. Une somme de 1 250 $ a été déboursée en septembre par la Ville de Saint-Hyacinthe pour payer à ses élus des billets pour deux activités caritatives, révèle la liste des comptes de la Ville, approuvée le 2 octobre par le conseil municipal.

Questionné sur le sujet, le maire Claude Corbeil a reconnu s’être lui-même interrogé sur la dépense, puisqu’il amorce sa première campagne en tant que maire sortant. Pour sa présence ce vendredi au repas gastronomique des Amis du Crépuscule, il a affirmé qu’il était prêt à payer le billet de sa poche, mais qu’après des vérifications, on lui a assuré qu’il s’agit de la « pratique habituelle » à la Ville de Saint-Hyacinthe.
Les conseillers Sylvie Adam, David Bousquet, Jacques Denis et Annie Pelletier ont aussi vu leur billet payé par la municipalité pour ce repas, en plus du souper-bénéfice de la Croix-Rouge, prévu le 25 octobre, auquel s’ajoute la conseillère Nicole Dion Audette. La dépense de la municipalité pour ces deux activités se déroulant en période électorale est de 625 $ chacune.
Même si ces occasions offrent une visibilité certaine aux candidats sortants, la pratique n’est pas pour autant proscrite par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), puisque le maire et les conseillers continuent d’assumer leurs fonctions pendant la campagne électorale, a répondu la porte-parole du DGEQ Stéphanie Isabelle. Elle nuance toutefois que l’élu doit « maintenir une ligne de prudence » en pareille situation et ne pas profiter de l’activité pour « mousser sa candidature ». Le fait de « favoriser ou de défavoriser » l’élection d’un candidat devient en effet une dépense électorale, au sens de la loi.
Ces considérations légales visent à concilier le rôle de représentation des élus et les intérêts partisans qui émergent naturellement en campagne électorale. La ligne n’est jamais simple à tracer, comme lorsque la Ville a tenu ce mercredi une conférence de presse pour présenter le bilan environnemental de la municipalité, en début de campagne électorale.
L’activité, qui se tenait à l’hôtel de ville, n’était officiellement pas partisane et le maire Corbeil a assuré n’être aucunement intervenu dans le choix du moment de la conférence de presse. En fait, l’activité devait se tenir la semaine précédente, avant le déclenchement des élections, mais elle a été retardée, a exposé le maire pour expliquer la situation. 

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