22 février 2018
carte blanche
Guns et tabouret
Par: Christian Vanasse

Le 14 février, un tireur assassinait 17 personnes dans une école secondaire de Parkland, en Floride. La même journée, par une sinistre coïncidence, la National Rifle Association (NRA) avait publié un tweet invitant les amoureux à se donner une arme en cadeau pour la St-Valentin. Bienvenue au Land of the freak, où un mineur voulant boire une bière se fera refuser l’entrée du bar en raison de son âge et non pour son fusil d’assaut. 

Surnommée le Sunshine State, la Floride est surtout le Gunshine State, l’endroit où il est le plus facile de se procurer une arme, 35 % de sa population en ayant une… ou plusieurs. Largement au-dessus de la moyenne des États-Désunis. Et pourtant, ils ont peur. Peur de se retrouver au milieu d’une fusillade dans une discothèque, à l’aéroport, dans un spectacle extérieur à Vegas ou à l’école de son paisible quartier. On se croirait en Absurdistan.
Encore plus quand, lorsqu’interrogée sur ces tragiques événements, l’ex-animatrice de télé Jocelyne Cazin, qui vit en Floride une partie de l’année, a voulu philosopher : « … je préfère la peur d’une fusillade à la réalité d’un moins 20 degrés au Québec l’hiver. » Wow. J’aime ça tranché épais dans le plus mince! Tsé, quand pour toi c’est plus important de pas avoir frette pendant deux-trois jours que d’être refroidi pour toujours… ton échelle de valeurs ressemble plus à un tabouret.
Mais la relative sécurité dont nous bénéficions ici ne doit pas nous faire oublier que rien n’est acquis.
Que tout commence quelque part et que, même ici, certains voudraient qu’on puisse s’armer plus librement et reprennent les slogans de la NRA.
Qu’il faut rester vigilants pour qu’on n’en soit pas à craindre un jour d’être pris en cible… après avoir déglacé ses vitres d’auto à -20.

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