31 janvier 2019
Pour son spectacle Orbis
Immersion sonore et visuelle avec la harpiste Valérie Milot
Par: Maxime Prévost Durand

Dans son spectacle Orbis, la harpiste Valérie Milot repousse les limites du spectacle de musique classique en y intégrant des éléments de technologie visuels grandioses. Photo Frédérick Robitaille

Technologie et musique classique ne vont pas nécessairement de pair, mais pour la harpiste Valérie Milot, les deux se conjuguent à merveille dans le cadre de son spectacle Orbis. Pour cette mégaproduction immersive, laquelle sera présentée au Centre des arts Juliette-Lassonde le vendredi 8 février, la musicienne plonge le spectateur dans un univers visuel élaboré afin de redéfinir l’expérience du spectacle de musique.

Avec ce concept pour le moins unique, Valérie Milot avait envie de rendre la musique classique accessible à un plus large auditoire. « C’était l’intention primaire avant de concevoir le spectacle, avoue-t-elle, dans une entrevue accordée au COURRIER. Je cherchais une façon pour faire en sorte que quelqu’un qui n’est pas habitué à la musique classique ait le goût de venir. Souvent, il y a une gêne d’aller voir un premier concert classique, alors que l’important, c’est juste d’être touché, pas de tout connaître. »

Dès que les spectateurs entrent dans la salle, une ambiance sonore et visuelle les attend, un simple avant-goût de ce qu’ils s’apprêtent à vivre comme expérience.

Lorsqu’elle monte sur scène, Valérie Milot s’installe sous un dôme transparent, sur lequel sont projetées des images, création de Lüz Studio, tout au long du concert. « C’est surtout suggestif plus que quelque chose de très précis. L’objectif, c’était d’accompagner la musique plus que de raconter une histoire. Mais dans une pièce comme “El Dorado”, alors qu’on entend des chevaux courir en trame de fond, on peut le ressentir dans les images », soutient-elle.

Pour Orbis, la harpiste puise dans un répertoire de musique classique, certes, mais moderne et actuel, avec des œuvres de Steve Reich et John Cage notamment, mais aussi de Frank Zappa et Gentle Giant, dans lesquelles on retrouve certains éléments plus rock.

Alors que l’on croit souvent, à tort, que la musique classique regorge seulement d’œuvres composées il y a plusieurs centaines d’années, Valérie Milot apporte la nuance suivante. « Le courant classique est passé depuis longtemps, mais la musique classique est bien différente du courant. Il y a beaucoup d’emprunts aux autres styles. Aujourd’hui, il y a tellement de moyens de faire des sons et de les traiter, même dans le répertoire classique. […] Les barrières entre les genres sont en train de tomber. »

Dans ce spectacle, Valérie Milot utilise deux harpes, l’une acoustique et l’autre électrique. Cette dernière, qu’elle tient en bandoulière à la manière d’une guitare, lui permet de bouger sur la scène lorsqu’elle sort du dôme, entre autres pour son interprétation de « Discipline », une pièce du groupe rock King Crimson.

Que ce soit avec l’un ou l’autre des instruments, le son est toujours amplifié, ce qui donne une autre dimension à la musique qui en ressort. Puis, à l’occasion, d’autres musiciens l’accompagnent virtuellement. « Il y a même une pièce où il y a des projections de moi-même. Il y a 11 parties que j’ai enregistrées et j’en joue une 12e live », souligne-t-elle.

Lancé il y a déjà plus de deux ans, ce spectacle est appelé à vivre encore longtemps, estime la harpiste, malgré les nombreux autres projets qui l’occupent. En plus de la tournée pour Orbis, Valérie Milot fera notamment ses premiers pas en tant que soliste au sein de l’Orchestre symphonique de Montréal au printemps à la Maison symphonique.

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